Dominique Reynié était l’invité de l’émission C dans l’air, vendredi 24 mai sur le thème : Hollande : la conversion sociale-démocrate.  Il débattait avec Bruno Jeudi, David Revault D’allonnes et Ghislaine Ottenheimer.

Le résumé de l’émission et la vidéo sur le site de France 5 :

Lors de sa conférence de presse, le 16 mai, le président avait récusé le qualificatif de « social-démocrate ». A l’occasion du 150e anniversaire du SPD, hier en Allemagne, il a fait l’éloge des réformes de Schröder, et s’est défini comme un « socialiste qui sait ce qu’il doit à la social-démocratie ».

C’est un hommage en forme de clarification. Depuis Leipzig, en Allemagne, où il était invité à célébrer les 150 ans du SPD, le premier parti de la gauche allemande, le président de la République a fait, jeudi 23 mai 2013, un vibrant éloge du modèle allemand et du réformisme, devant un parterre composé des plus hautes autorités du pays, du président fédéral Joachim Gauck à la chancelière Angela Merkel.

Le chef de l’Etat, qui s’était revendiqué « socialiste » mais pas « social-démocrate » lors de sa conférence de presse à l’Elysée, le 16 mai dernier, a ainsi vanté les réformes « courageuses » lancées par l’ancien chancelier Gerhard Schröder pour flexibiliser le marché du travail qui, dix ans après leur adoption, continuent pourtant de faire débat au sein de la gauche allemande.

« Le progrès, c’est aussi de faire dans les moments difficiles des choix courageux pour préserver l’emploi, pour anticiper les mutations industrielles, et c’est ce qu’a fait Gerhard Schröder ici, en Allemagne, et qui permet à votre pays d’être en avance sur d’autres », a fait valoir François Hollande ; et d’ajouter sous les applaudissements : « Ces décisions ne sont pas faciles à prendre, elles peuvent faire surgir des controverses, mais rien ne se construit, rien de solide ne se bâtit en ignorant le réel. »

Avec cet éloge prononcé depuis Leipzig, le chef de l’Etat s’adressait-il aux Allemands ou aux Français ? S’agit-il d’une courtoisie hollandaise ou d’une conversion politique ? Enfin, faut-il y voir un tournant dans le quinquennat ? Salué outre-Rhin, cet hommage avait, en tout cas, de quoi surprendre en France, tant l’héritage de Gerhard Schröder reste contesté par la gauche française. D’ailleurs, les réactions de l’aile gauche du Parti socialiste ne se sont pas fait attendre.

Ainsi, le vice-président de la région Ile-de-France Emmanuel Maurel a dénoncé « un bras d’honneur à de nombreux socialistes ». La députée socialiste Marie-Noëlle Lienemann a elle aussi réagi, n’hésitant pas à qualifier François Hollande d’« ex-camarade ». Quant au coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, il a dénoncé dans un tweet « l’apologie du dumping social ».