Tribune de Yann Le Galès, parue dans Le Figaro, 4 février 2012.

La France croit-elle encore en son industrie ? Il est possible d’en douter tant les indicateurs sont dans le rouge. « L’appareil français souffre d’une double maladie des investissements industriels parmi les plus faibles de l’OCDE rapportés au PIB mais aussi des décisions d’investissement centrées sur le renouvellement plutôt que sur l’innovation conduisant à l’obsolescente des outils de production», constate Robin Rivaton, consultant en stratégie qui publie l’étude « Relancer notre industrie par les robots les enjeux » à la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol). Le retard français en matière d’automatisation en est un exemple inquiétant. L’Hexagone ignore les robots quand les usines du monde entier s’équipent. Le taïwanais Foxcomi, qui emploie 1,2 million de personnes dont 1 million en Chine, installe un million de robots entier 2011 et 2014 et multiplie ainsi son parc de robots par 100 « Il s’agit d’une réponse à la montée des coûts salariaux en Chine et aux accusations de mauvais traitements des salariés », analyse Robin Rivaton. L’exception industrielle française explique pourquoi le taux d’équipement des usines françaises (122 robots pour 10000 salariés) est très inférieur à celui des pays les mieux équipes au monde la Corée du Sud et le Japon. II est aussi bien plus bas que celui de l’Allemagne et de l’Italie numéros trois et quatre mondiaux en termes d’équipement. L’Hexagone est même devancé par la Suède, le Danemark, les États-Unis, l’Espagne, la Finlande et Taïwan. La situation française est d’autant plus sombre que la France ne fabrique presque plus de robots, industriels après en avoir produit dans les années 1990. Ignorants les faits, les Français n’ont pas défini.