Article paru le 19 mars 2015 dans Le Parisien. Il révèle une étude pour la mission de réflexion sur l’engagement citoyen et l’appartenance républicaine de l’Assemblée nationale, la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation pour l’innovation politique.

Le sursaut citoyen après les attentats a marque les esprits, mais se traduira-t-il par plus d’engagement, comme veut le promouvoir la mission lancée par le chef de l’État ? Un sondage que nous révélons donne des raisons d’espérer.

On s’en est félicité, on l’a célébré, mais il pourrait s’évaporer. L’esprit du 11 janvier survivra-t-il à l’épreuve du temps ? Non, répondent 75 % des personnes interrogées par Harris Interactive dans le cadre d’une étude pour la mission de réflexion sur l’engagement citoyen et l’appartenance républicaine de l’Assemblée nationale, la Fondation Jean-Jaurès et Fondapol, que nous dévoilons en exclusivité. Pilotée par Claude Bartolone à la demande de François Hollande, cette mission a pour objectif de lutter contre un certain délitement du lien civique et du sentiment d’appartenance à la communauté républicaine.
L’état des lieux qu’elle a commandé à Harris Interactive lui donne quelques raisons d’espérer. Les Français ont massivement (à 90 %) le sentiment d’appartenir à la République et s’estiment « engagés » à 67 %. Un peu plus sévères avec leurs compatriotes qu’avec eux-mêmes, ils ne sont que 40 % à trouver les autres Français impliqués. A leurs yeux, l’engagé type est quelqu’un « qui vote » (94 %), « s’engage avec enthousiasme » (87 %), « a des enfants » (73 %), vit « en milieu urbain » (71 %) et est « plutôt modeste » (62 %).
Vivre ensemble plutôt que vivre les uns à côté des autres
« L’engagement citoyen est dans l’esprit collectif, mais la question est de savoir comment le rendre concret », glisse-t-on à l’Assemblée.
Objectif : « Vivre ensemble plutôt que vivre les uns à côté des autres. » C’est là que ça se corse. « Les actions individuelles dominent le spectre de l’engagement citoyen aux yeux des Français », constate Harris Interactive. « Voter », « trier ses déchets » « s’occuper de proches en difficulté » sont les actions les plus citées par les Français quand on leur parle d’engagement. Exception notable . « s’engager pour les droits de l’homme et les libertés essentielles » arrive en haut du tableau. Ressortent aussi les traditionnelles actions de bénévolat, comme le soutien scolaire.
Autre enseignement de cette étude : « L’engagement citoyen est perçu comme permettant de rencontrer des gens, d’enrichir ses compétences ou de s’épanouir, avec l’idée de pouvoir en retirer quelque chose, mais aussi de mesurer l’efficacité de son action », explique Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique-opinion chez Harris Interactive. En clair : « Ce n’est pas tout a fait désintéressé… »

Image article du Parisien du 19-03-15