Article de Gilles Dufrénot, économiste, professeur à l’université d’Aix-Marseille paru sur lemonde.fr, le 18 juillet 2011

La situation de la Grèce n’est plus tenable. Chaque jour qui passe l’entraîne un peu plus dans un cercle vicieux de surendettement dont on voit mal comment elle pourrait en sortir à court terme. Les hausses du spread des obligations souveraines, au-dessus de 14 %, alourdissent les charges de taux d’intérêt et celles-ci aggravent à leur tour les déficits budgétaires (évalués autour de 7 % pour 2011).

Le plan d’austérité semble prolonger la récession (le PIB reculerait en 2011 de 3 % d’après le FMI) et le compte courant est déficitaire (de l’ordre de 5 % du PIB). De deux choses l’une. Ou bien, on laisse le temps au pays de redresser ses comptes macroéconomiques et de renouer avec une croissance durable. Il faudra sans doute compter entre cinq ans et dix ans. Ou bien, les marchés continuent d’exercer leur pression pour forcer le gouvernement à honorer ses échéances de remboursement en temps et en heure. Dans ce cas, afin d’éviter une explosion sociale que provoqueraient des cures de rigueur de plus en plus sévères et un désengagement total de l’Etat pour rendre des services universels (eau, transport, hôpitaux, etc), le gouvernement pourrait être tenté de déclarer un moratoire temporaire sur le remboursement de sa dette publique et une sortie provisoire de la zone euro. Que se passera-t-il alors ?

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