La Fondation pour l’innovation politique vous signale cette tribune publiée par les Innovateurs, un groupe de jeunes citoyens amis de la Fondation. Elle est parue dans Valeurs actuelles, le 27 juin 2013.

Par Alexandre Vesperini, secrétaire national de l’UMP, et un groupe de jeunes libéraux

Lettre aux aînés qui nous gouvernent

Il existe dans nos territoires des sources de croissance immense, qui ne demandent qu’à être employées, à condition de changer de mentalité.

Chers aînés, et si vous aviez échoué ? Et si en trente ans vous aviez fini par nous léguer en héritage une France du noir et blanc à l’heure du numérique ? Alors que notre gouvernement voit désormais son budget presque dicté par la Commission européenne, il était temps que cette question vous soit clairement posée par la jeunesse que vous précédez.

Le bilan ? Echec à l’esprit d’initiative et d’entreprise, qui croule sous les encadrements de toute nature, de l’autoentreprise jusqu’au permis de conduire ! Echec à l’équité, à travers un modèle social dispendieux, qui vise l’égalitarisme d’Etat mais délaisse souvent les vraies urgences de la précarité. Echec enfin à l’intégration républicaine qui, à force d’avoir été aussi proclamée que négligée, ne signifie plus grande chose aux yeux du plus grand nombre, laissant grandir les discriminations de tous ordres et les réflexes identitaires. Oui, notre pays risque la relégation au sein d’un monde globalisé qui accueille nos talents exilés mais nous prive des siens.

Face à cette réalité, au lieu de croire en la lucidité des Français, vous entretenez le pays dans un cocooning d’Etat hasardeux, qui se traduit par l’hyperactivité publique dans notre vie quotidienne alliée aux demi-mesures face aux vraies priorités, comme on le constate actuellement sur les retraites ou la dépense publique. Pourtant, notre jeunesse ne se résout pas au déclin de la France. Méfiante à l’égard d’un modèle qui semble irréformable, elle demeure optimiste sur sa capacité à atteindre ses objectifs (78% des jeunes sont optimistes pour eux-mêmes).

Ne nous y trompons pas : il existe dans nos territoires des sources de croissance immenses, qui ne demandent qu’à être employées, à condition de changer de mentalité, d’en finir avec l’immobilisme et les vieilles recettes qui ne marchent pas (projets contradictoires, réformettes et déclarations d’intention, rafistolage de circonstance…). Engagés ou achevés par nos voisins, ces changements impliquent de se donner un seul objectif, celui de regagner son rang, et une nouvelle gouvernance, celle de la démocratie ouverte.

En finir avec l’oppression normative et fonder une société de libertés où l’enrichissement est promu et l’Etat de droit mieux garanti ; rompre avec la sacralisation du principe de précaution, qui condamne les jeunes à la double peine de devoir rembourser les dettes du passé sans pouvoir innover pour créer les richesses du futur ; passer d’un Etat providence à bout de souffle à un Etat équitable, où l’on progresse par l’effectivité de ses droits et non par son statut ; renverser la République des castes, des rentes et des privilèges, pour bâtir des pouvoirs collaboratifs et représentatifs, à l’image de nos différences ; réveiller nos élites en reconnaissant les profils pour leur imagination avant de les juger sur leurs diplômes ou leur parcours académique ; délester les débats parlementaires des faits divers et des enjeux de clientèle (amnistie syndicale) ; et pour commencer, construire une Europe qui parle un peu moins du calibrage des huîtres et un peu plus de son indépendance.

Chers aînés, nombre d’entre vous nous soutiennent aujourd’hui. Parce qu’ils ont souvent, mais en vain, porté nos idées dans le passé, parce qu’ils les portent encore aujourd’hui et parce qu’ils redoutent l’isolement de la France.

Il ne tient qu’à vous désormais, avec les jeunes qui se reconnaîtront dans ces lignes, de répondre à notre appel à moderniser franchement notre pays, à porter les idées de la relève et, selon les mots de Winston Churchill, à agir désormais « comme s’il était devenu impossible d’échouer ».

Cette tribune a été rédigée par un groupe de jeunes professionnels souhaitant porter la voix de la génération Y résolument libérale. Engagés ou non dans différentes mouvements politiques et issus d’horizons différents, ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure en créant une association, Les Innovateurs.

Les premiers membres sont : Alexandre Vesperini, Héloïse Biard, Nicolas Bammez, Aurélien Bon, Charles Chapouilly, Mohamed Dagdag, Xavier de Bonnaventure, Luc de Torquat et Romain Mifsud.