Il paraît que la recherche et l’enseignement supérieur – on devrait utiliser un seul mot pour désigner les deux termes tant ils sont inséparables – sont peut-être l’aune à laquelle se mesure désormais la grandeur d’une nation, comme jadis la puissance de son armée. Si cela était vrai, il conviendrait de décréter une mobilisation générale pour la recherche et l’enseignement supérieur. On en est loin. Car, après les orages de 2004 et les cris pathétiques de « Sauvons la recherche », le calme s’est installé à nouveau. La recherche et l’enseignement supérieur fonctionnent au meilleur niveau moyen de rendement que leur permettent l’archaïsme de leurs structures et le système de castes qui les dirige. La période du « ça ne va pas si mal que ça » s’installe doucement.En organisant le 3 juin 2004 un colloque international intitulé « Recherche européenne : vers l’excellence scientifique et la croissance », la Fondation pour l’innovation politique a montré dès sa création la priorité qu’elle accordait à la recherche. L’étude comparative des institutions académiques de recherche réalisée à l’initiative de la Fondation par Philippe Pouletty, conseiller à la Fondation, et ses collaborateurs, démontre la faiblesse relative des équipes françaises, notamment en termes de rendement, apprécié par le coût d’un article princeps. À la suite de cette initiative, notre groupe « Recherche et innovation » a poursuivi l’analyse et proposé des solutions, dont la plus consensuelle désignait l’Europe comme voie de sortie pour la crise française de la recherche et de l’enseignement supérieur. Nous reviendrons sur ce problème spécifique de l’Université européenne dans une autre Lettre.
La Fondation continue à faire oeuvre utile en rencontrant un nombre représentatif des principaux acteurs du système, qu’il s’agisse d’universitaires, d’administrateurs ou de chercheurs en activité. Nous avons considéré que recherche et enseignement ne pouvaient être séparés, et ce dès le lycée, les premiers cycles universitaires et les classes préparatoires.