Depuis une dizaine d’années, l’histoire du service minimum dans les services publics ressemble à celle d’un rendez-vous manqué, bien que son instauration fasse l’objet au sein de l’opinion d’une forte demande qui transcende les clivages professionnels ou partisans, et malgré l’engagement réitéré des pouvoirs publics au plus haut niveau. La question du service minimum est en effet délicate, continuant de susciter du côté des syndicats une vive hostilité, fondée sur la défense du droit de grève.Il paraît plus utile que jamais de reprendre le dossier du service minimum garanti, utile aussi de comprendre les raisons des récents blocages, avant de proposer, en s’inspirant de ce que font nos voisins de l’Union européenne, des modalités plausibles pour instaurer ce service garanti que les usagers-clients des services publics conçoivent à juste titre comme un dû. En effet, un système d’alerte sociale ne peut pas suffire, pas plus qu’une loi imposée d’en haut ne serait satisfaisante.