Au regard de la libre circulation des travailleurs au sein de l’Union européenne, les nouveaux Etats membres restent dans une situation très proche de la période de pré-élargissement. Toutefois, loin des prophéties alarmistes, le choix d’ouvrir l’accès au marché du travail a été bénéfique aux économies britannique, irlandaise et suédoise. Cette étude le montre, le choix de l’ouverture a été un choix gagnant.Le choix d’imposer des restrictions à la circulation des travailleurs issus des nouveaux pays membres de l’Union européenne, au lendemain de l’élargissement, s’est fait dans un contexte d’inquiétude et de débat sur les besoins en main d’œuvre des économies des Quinze. Afin de protéger au mieux leur marché de l’emploi, dans une logique malthusienne, les Etats membres ont imposé des périodes de transitions longues et contraignantes. De leur côté, les nouveaux membres ont négocié des phases de transition, aussi longues, sur d’autres chapitres de l’acquis communautaire. C’est le cas notamment dans les domaines agricole, environnemental et en matière de libre circulation des capitaux. Le « post-élargissement » ressemble de ce fait beaucoup à un pré-élargissement et l’Europe s’installe durablement dans une organisation à deux vitesses.
Toutefois, lorsque l’on observe les conséquences dans les pays ayant ouvert leur marché du travail aux travailleurs issus des nouveaux Etats membres depuis un an (Royaume-Uni, Irlande et Suède), on constate d’une part que les afflux massifs de travailleurs d’Europe centrale, longtemps prophétisés, ne se sont pas réalisés, et d’autre part que cet apport de main-d’œuvre a été bénéfique aux économies britannique, irlandaise et suédoise. Le choix de l’ouverture a été un choix gagnant.
De plus, le déroulement des phases de transitions est un facteur de tensions entre les Quinze et les Dix.
Pour raffermir sa cohésion, l’Europe pourrait mettre en place une stratégie d’accélération de la transition : ouvrir les marchés de l’emploi des Quinze en raccourcissant les phases de transitions et, parallèlement, promouvoir la convergence sociale et environnementale des nouveaux Etats membres.