Dans un monde en mutation et face à des opinions publiques inquiètes, l’Union doit démontrer qu’elle n’est pas un projet périmé. En pleine réforme des traités, Stuart Bell, Francis Mer et Frédéric Allemand préconisent de resserrer les liens entre les Européens dans cinq sujets clés pour l’avenir – qu’il y ait ou non un nouveau traité constitutionnel – : la compétitivité économique, l’environnement, l’énergie, l’action extérieure et l’immigration.Fruit d’une réflexion commune engagée entre trois personnalités aux profils très différents, l’ancien ministre et ancien dirigeant d’Arcelor Francis Mer, le député travailliste Stuart Bell, et l’universitaire Frédéric Allemand, cet essai se veut sans complaisance sur les capacités de l’Union européenne à relever les défis à venir.
Si l’Europe se décide à accélérer sa construction comme entité politique et comme « camp de base » pour les Européens dans la mondialisation, elle doit savoir hiérarchiser ses priorités. Selon les auteurs, certaines mesures aussi essentielles que concrètes seraient susceptibles de faire consensus, au moins entre les principaux Etats de l’Union, et permettraient ainsi de rattraper le temps perdu pendant le processus de ratification du traité constitutionnel.
Première série d’actions à entreprendre : l’achèvement des marchés uniques, c’est-à-dire celui des services, celui des technologies de l’environnement, indispensable pour qu’émerge une « Europe verte », et celui de l’armement.
Deuxième priorité : renforcer la politique de recherche européenne, en particulier sur la sécurité énergétique et l’environnement. Avec la création d’une taxe carbone dégressive, l’élaboration d’un schéma européen en matière d’infrastructure énergétique et la constitution de stocks d’énergies stratégiques, l’Union ferait un pari sans risque sur son avenir.
Enfin, l’Europe devrait mettre en place une politique d’immigration commune. Le lancement d’une police européenne de l’air et des frontières, d’une politique commune de visa, d’asile, d’accueil et de reconduite aux frontières, d’un visa européen pour les chercheurs, en articulation avec Erasmus mundus, donneraient une nouvelle cohérence dont l’absence est aujourd’hui une des grandes faiblesses de l’Union.
Comment parvenir à tout cela, même en l’absence de nouveau traité constitutionnel ? Par de nouvelles formes moins contraignantes de coopérations renforcées, qui se feraient éventuellement à quelques uns seulement, mais avec l’aval de la Commission européenne, garante de la cohérence d’ensemble des politiques de l’Union.