Dans cette étude, Roger Balian, Jean-Michel Bismut, Alain Connes, Jean-Pierre Demailly, Laurent Lafforgue, Pierre Lelong et Jean-Pierre Serre, publient un état des lieux de l’enseignement des savoirs fondamentaux. Documenté, ce plaidoyer en faveur d’une reprise en main du système scolaire français n’est pas tendre sur son état actuel, résultat d’une trentaine d’années de réformes incessantes et, à terme, néfastes pour les élèves comme pour les enseignants.Premier constat : la base même du système éducatif ne permet plus aux élèves du primaire d’acquérir les connaissances fondamentales, qu’il s’agisse de la lecture, de l’écriture ou du calcul. Un retard qui ne fait que s’amplifier au collège ou au lycée, les élèves arrivant en terminale avec une maîtrise de la langue imparfaite, de graves lacunes en langues, mais aussi en histoire, en littérature et en mathématiques. A titre d’exemple, à la fin d’une terminale scientifique, les élèves ont perdu, dans cette dernière discipline, l’équivalent d’une année et demi par rapport à leurs aînés d’il y a trente ans. Si l’évolution de la société explique, pour partie, cette lente dégradation d’une école qui ne remplit plus ses missions, l’organisation même de l’Éducation nationale et des politiques suivies sont loin d’être étrangères à ce constat peu brillant. Les différents remèdes ou solutions préconisés ont un préalable : la réaffirmation que la raison d’être de l’école est de transmettre les savoirs fondamentaux et, au premier chef, la langue française. Les auteurs invitent ainsi à opérer une réforme en profondeur de l’ensemble de l’enseignement que ce soit celle des programmes, de l’organisation des filières, de la formation du corps enseignant… Une réforme à la hauteur d’un enjeu de taille : reconstruire un système éducatif capable de tenir une place de choix dans l’actuelle compétition mondiale qui se joue autour du savoir et de l’intelligence.