Entamées en octobre 2005, les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne n’ont que très lentement et difficilement progressé depuis. Seuls quatre des trente-cinq chapitres de l’acquis communautaire n’ont été ouverts, quand, dans le même temps, douze l’ont été avec la Croatie. Cette situation ne s’explique pas seulement par l’attitude rigoureuse de l’Union européenne. Malgré les positions variées des pays membres sur l’adhésion de la Turquie, un consensus semble établi sur la poursuite des négociations.Alors que le 6 novembre, la Commission européenne doit rendre public son rapport annuel de suivi sur la Turquie, la Turquie, après la profonde crise politique de cet été, est aujourd’hui dotée d’un gouvernement proeuropéen. Bruxelles attend de ce gouvernement qu’il mette enfin en place les réformes attendues, telles que la suppression du très controversé article 301 du Code pénal, une condition sine qua nonpour remplir les citères communautaires. Dans ce Document de travail, Ali Ihsan Aydin établit un état des lieux de ces négociations longues et difficiles.