Le chef de l’État a présenté le 29 septembre 2009 son plan d’aide à la jeunesse. Dans une étude publiée en 2008, la Fondation pour l’innovation politique établissait un diagnostic et formulait des propositions pour répondre aux attentes des jeunes face à leur avenir. Quelles sont aujourd’hui les aspirations de la jeunesse ? Quel regard porte-t-elle sur la famille, l’emploi, la société dans son ensemble ? Dans cette étude publiée en janvier 2008, la Fondation pour l’innovation politique poursuit sa réflexion sur les jeunes. Elle s’appuie sur une enquête réalisée auprès de 20 000 personnes dans 17 pays en Europe, en Asie et aux Etats-Unis. Loin d’être désengagés, les jeunes adressent au contraire des messages forts au politique. Autonomie, participation, équilibre, projet commun, tels sont les impératifs qui devraient, à l’avenir, guider toute action politique dirigée vers la jeunesse.Suite à une première étude sur la réussite des jeunes, la Fondation pour l’innovation politique, en partenariat avec l’Institut Kairos Future, a mené une enquête internationale sur les jeunesses face à leur avenir pour évaluer l’idée qu’elles se font du travail, de la famille, de la société et de leur avenir. Une enquête qui a valeur de constat sur une classe d’âge dont les perceptions et aspirations sont loin d’être celles qu’on a l’habitude de lui prêter. Si les jeunesses, à l’échelle mondiale, méritent bien leur pluriel tant elles sont déterminées par leur contexte national, elles partagent néanmoins certaines valeurs : contrairement à l’idée reçue d’être de farouches individualistes, elles expriment le besoin de s’engager dans un projet collectif, restent attachés à la famille qui représente à leurs yeux le socle de la société, et ont une haute idée du travail comme vecteur de la réalisation de soi. A ces valeurs communes correspondent des attentes très précises à l’égard des pouvoirs publics : les jeunes demandent l’autonomie nécessaire pour que la transition vers l’âge adulte soit moins douloureuse et conflictuelle avec leurs parents, souhaitent que leur participation et leurs engagements dans la vie sociale soient reconnus et valorisés et qu’un nouvel équilibre soit trouvé entre sphère publique et sphère privée.
En conclusion de cette étude, la Fondation esquisse quatre impératifs destinés à guider l’action publique en faveur de la jeunesse : autonomie, participation, équilibre, projet commun. Avec, pour préalable, deux invitations : reconsidérer nos représentations sur les jeunes (ne plus les appréhender comme victimes, ni comme menace) et sortir d’une politique publique catégorielle inefficace pour lui préférer une politique au service d’un nouveau projet de société. Car, sans « mythe collectif », les jeunes tendent à se replier sur eux-mêmes, sans espoir pour leur société ni pour eux mêmes, ce qu’illustre bien le cas français ou anglais contrairement au cas scandinave, américain ou asiatique.