Arnaud Mercier fait le constat d’une révolution dans la conception de société, la réalité sociale étant de plus en plus marquée par la désinstitutionalisation, la dérégulations, la flexibilité, le risque, et l’individualisation croissantes des comportements. Dès lors, pour les gouvernants, l’enjeu est d’accompagner la société française dans cette transformation profonde, et de lui fournir des réponses pour une adaptation durable.Pour comprendre les logiques de cette évolution, Arnaud Mercier analyse dans un premier temps la crise des formes d’organisation du social qui assuraient jusqu’ici le maintien du lien :

  • La crise de l’Etat providence. Sa perte progressive n’assure plus le lien entre les individus et la collectivité, ainsi qu’entre les individus eux-mêmes.
  • La crise de la société salariale. Elle traverse une crise, liée à une grande incertitude des parcours professionnels.
  • La crise de la famille. Son affaiblissement croissant fait qu’elle n’est plus considérée comme une institution structurante du lien social (il est même fait référence à la « désinstitutionalisation » de la famille).
  • La crise du lien politique. Engendrée par un pilotage politique devenu complexe,  elle se traduit par une perte de confiance des Français dans les élites politiques.

Face à cette situation de perte de contrôle, de confiance et de repères, l’étude avance quelques propositions :

  • Décrypter dans ces crises de confiance le besoin d’un plus grand interventionnisme politique économique et social, pour apporter les protections que le marché ne peut offrir. Répondre à cette « attente de politique ».
  • Mieux répondre à un « idéal de justice ». Les Français jugent leur système juridique défaillant, mais le réclame de plus en plus pour répondre à des aspirations de natures diverses.
  • Valorisation de la civilité, du vouloir-vivre en commun sans lequel il est impossible de « faire société ». L’école doit notamment réaliser un travail important.
  • Donner aux citoyens des moyens d’accès à la décision, entre autre, en s’inspirant d’un modèle de jurés d’assises. Peu engagés, et démotivés par une sphère politique qui leur semble éloignée, les Français sont en effet pessimistes concernant leur influence éventuelle sur la politique.
  • Soutenir de nouvelles formes d’exercice de la citoyenneté afin de réconcilier les Français à la chose publique : secteur associatif, appel à l’expertise citoyenne, ou démocratie participative plus développée.