Le 11 janvier 2015 a résonné avec fracas sur notre système politique. Face à l’atrocité, la société française s’est rassemblée et a démontré que les clivages n’ont plus lieu d’être. Puisque l’union fait la force, il est maintenant grand temps de concevoir les quelques grandes réformes pouvant largement rassembler et répondre à l’attente d’une nouvelle offre politique.

Il est indispensable de poser les bases d’un renouveau politique, pour une France prospère et confiante. Cette prise de conscience novatrice est l’occasion d’un changement structurel et générationnel de notre société et nécessite l’instauration d’un climat d’union responsable.

La France a besoin d’une offre politique renouvelée bien loin des avatars politiques et des errements idéologiques. Le programme proposé se veut rassembleur et repose sur cinq lignes directrices :

  • nous ne subissons pas une crise, nous vivons une mutation : les règles du jeu ont changé, une nouvelle croissance se dessine, innovation et compétitivité sont la clé ;
  • nous sommes dans une situation financière dangereuse : la dette accumulée au fil des décennies est devenue aujourd’hui insoutenable ;
  • il y a urgence sociale : il faut assurer un filet de sécurité sociale et repenser un État social plus efficace et plus protecteur ;
  • changer de cap pour une nouvelle croissance : plutôt que de couper à l’aveugle dans nos dépenses publiques, il faut chercher l’efficacité de la dépense publique et réorienter l’action publique et son champ d’intervention ;
  • une nouvelle approche politique : le système du pouvoir exclusif de l’État est à reconsidérer, il faut redistribuer le pouvoir au profit des consommateurs, des citoyens et des entreprises.

Aujourd’hui, la France a donc besoin de croissance car celle-ci est le seul moyen de réduire notre dette et constitue le socle de toute bonne politique sociale et la réponse à la précarité et au chômage. Cette croissance est inséparable de la compétitivité, il est donc essentiel de décadenasser tous les verrous liés à la fiscalité, à la concurrence et au coût du travail, et de soutenir l’innovation. Il faut donc rendre plus souple notre modèle tout en garantissant le haut niveau de protection sociale auquel nous sommes attachés.

L’urgence est aussi sociale. C’est pourquoi nous devons tendre vers la reconstruction de notre système de protection et de ses institutions. Le compromis est alors de renforcer notre filet de sécurité sociale, réactualiser nos minima sociaux et d’envisager un revenu minimum de base pour les plus fragiles.

On constate également avec désarroi l’inefficacité des politiques de rigueur. Il faut donc revoir le système étatique, redéfinir ses missions et son champ d’action. Il est alors impératif de redistribuer les compétences de l’État central législateur et de décentraliser les tâches. De plus, ces réformes édifient les enjeux actuels de l’intégration, de l’éducation et de la transition énergétique.

Cette note a été écrite par Alain Madelin, ancien ministre.

Crédit photo home : Flickr-CC – Chris Potter

Mai 2015 | ISBN : 978-2-36408-081-2 | 52 pages