La pornographie demeure un sujet tabou. Il semblerait qu’une forme de bienséance mal placée l’ait exclue du débat public. Phénomène de masse qui, dans la société de l’Internet, a pris une ampleur colossale, il s’agit désormais d’un thème majeur, aux ramifications nombreuses et aux effets insoupçonnés.

Le but de cette étude est de mettre en lumière le problème capital que pose la consommation de contenu pornographique haut débit et de proposer une solution afin d’en enrayer les effets négatifs sur la relation à soi et aux autres.

Une documentation scientifique croissante établit, d’une part, l’amplification et la multiplication des problèmes rencontrés par les individus dans leur vie intime et, d’autre part, le lien entre ces problèmes et la consommation de contenu pornographique en ligne. C’est sur la base de ces études qu’est dénoncé ici le « porno » en tant que responsable d’un conditionnement émotionnel et neurologique désastreux dont sont victimes les consommateurs, le plus souvent sans en être conscients.

Le porno est un produit de consommation de masse. Le mutisme embarrassé à l’égard de ce type de contenu n’est pas approprié à l’ampleur du phénomène. On assiste depuis quelques années à un accroissement de l’inquiétude quant aux effets de l’exposition régulière aux contenus pornographiques. Ce qui était auparavant l’apanage des associations religieuses est devenu aujourd’hui une problématique citoyenne. On assiste à la naissance de mouvements anti-porno, principalement sous la forme de forums online, fondés sur l’expérience et les témoignages d’internautes qui ont pu en mesurer les effets dévastateurs sur leur psychologie et leur sexualité.

Enfin, il est frappant de constater que la controverse sur le porno est déjà largement discutée et documentée outre-Atlantique, tandis qu’elle est quasiment absente du débat public français. Le but de cette note est de favoriser la discussion sur ce sujet.

Cette note a été écrite par David Reynié, étudiant en cinéma à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).