Les « zones à défendre » (ZAD) et les zadistes ont beaucoup fait parler d’eux ces dernières années. Ce fut tout d’abord le cas de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou encore de la ZAD du Testet, dans le Tarn, où un militant écologiste est décédé en octobre 2014. Ils suscitent néanmoins de très forts clivages et de nombreuses interrogations.
Les ZAD et les zadistes possèdent, en effet, plusieurs zones d’ombre. Les principales sont l’illégalité des occupations, transformant les « zones à défendre » en de véritables zones de non-droit sur le territoire national, et un rapport des zadistes à la violence qui est très ambigu et le recours à cette même violence de la part des éléments les plus radicaux en leur sein, avec un questionnement plus spécifique sur le rôle joué par les individus qui agissent en formant un Black Bloc et sur l’importation éventuelle en France des techniques des écoguerriers.
La multiplication un peu partout en France des « zones à défendre » et des formes de contestation de projets d’aménagement soulève en définitive une question de fond, celle du choix du modèle de société que nous voulons : souhaitons-nous une société axée sur la croissance ou bien sur la décroissance, alors qu’une infime minorité s’arroge le pouvoir d’appliquer de facto une transition écologique dans une partie du territoire et d’imposer sa vision décroissante aux autres soi-disant au nom des intérêts supérieurs de la planète ?

Cette note a été écrite par Eddy Fougier, politologue, chargé d’enseignement à Audencia Business School, à Sciences Po Aix-en-Provence et à Sciences Po Lille, et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

Crédit photo home : Flickr-CC – J-E Mallet

Avril 2016 | ISBN : 978-2-36408-101-7 | 44 pages