Les enjeux énergétiques et climatiques peuvent-ils être le terrain d’un sursaut du projet européen, à la rencontre d’un projet d’intégration politique continentale et d’une ambition d’excellence écologique qui se diffuse dans toute la société ? On peut le croire, tant l’Europe est à la recherche d’un nouveau récit mobilisateur pour se relancer et tant les sujets énergie-climat démontrent qu’ils sont un domaine de compromis entre les États membres de l’Union européenne.

L’Eurobaromètre publié à l’automne 2018 fait état du soutien des trois quarts des citoyens de l’Union européenne à une politique énergétique commune des États membres. Le même sondage confirme la montée dans l’opinion publique des préoccupations climatiques et environnementales, qui compteront parmi les thématiques phares des élections européennes de mai 2019.

Quelle que soit l’évolution des technologies et des coûts à plus long terme, le chemin vers l’excellence écologique passera assurément par une approche flexible, adaptable et non idéologique des grands choix de politique énergétique européenne. C’est à cette condition que la construction d’une véritable Union de l’énergie échappera au grief d’imposer aux citoyens européens des objectifs intenables auxquels ils ne consentent pas.

Cette note a été écrite par Emmanuel Tuchscherer, directeur des affaires européennes d’Engie.