Les organisations syndicales ont appelé à une nouvelle journée d’action interprofessionnelle le 19 mars sur le thème de l’emploi, des services publics et du pouvoir d’achat. Cette journée faisait suite à la mobilisation du 29 janvier dernier, à laquelle la Fondation avait consacré une enquête, réalisée par TNS Sofres, mettant en lumière la complexité du jugement public sur les réformes en cours.

La Fondation pour l’innovation politique publie Après le 29 janvier : la fonction publique contre la société civile ?, une lecture de la situation sociale fondée sur l’analyse des résultats complets de cette enquête. Cette lecture met au jour des aspects peu ou pas relevés jusqu’à présent :

  • La thèse de la « grève par procuration » est contestable.
  • Le soutien aux journées d’action recouvre une distinction entre « mécontents » et « inquiets ».
  • Cette distinction d’opinion renvoie à un clivage entre les salariés de la fonction publique et les autres actifs.
  • Le processus de dissociation de ces deux mondes sociaux, favorisé par la globalisation et précipité par la crise, conduit à l’émergence d’une « classe sociale étatique » dotée d’un pouvoir croissant.

Pour Dominique Reynié, « un conflit entre la fonction publique et le reste de la population active semble programmé si l’on fait l’hypothèse, d’une part, que les actifs exposés en appellent à l’État pour échapper aux menaces de la globalisation et traverser la crise qui commence et, d’autre part, que la mobilisation des moyens nécessaires pour répondre à leurs attentes commande de prélever une partie de la richesse nationale consommée par l’appareil administratif. Or, par son statut et par le poids stratégique de son activité, la fonction publique possède la capacité d’empêcher cette redistribution des richesses. Sans arbitrage en faveur des plus fragiles, ce conflit posera une question de justice sociale et, pour finir, un problème démocratique ».