Jusqu’où ira la toute-puissance des GAFAs dans l’accès et l’exploitation de nos données personnelles ? Le confort de la servitude volontaire a un prix : la mise à nu de nos usages, de notre consommation, de notre santé.

Depuis les révélations du site Wikileaks, la valeur « data » est une ressource convoitée et jalousée par les États et les entreprises. À la course effrénée pour cette valeur prisée répond la mise en place d’un nouvel écosystème où s’affrontent les « cercles » de la souveraineté des citoyens, des États et des entreprises. Quelle voix pourra porter le message de la liberté des citoyens sans se briser contre le mur des puissantes multinationales ?

À l’heure où l’Union européenne affine sa politique de protection des données, de nouveaux rapports de force écrivent chaque jour les règles d’une gouvernance en genèse. Droit fondamental garanti par l’article 8 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, la protection des données des citoyens, à l’intérieur et à l’extérieur du territoire européen, ravive l’urgence à délimiter un cadre international des souverainetés.

De la reconnaissance du Privacy Shield le 12 juillet 2016 par la Commission européenne au Safe Harbor, gage d’une protection équivalente des données à l’extérieur de l’espace européen, un système nouveau émerge, dans une violence et une concurrence qui participent d’un éveil de conscience aussi brutal que nécessaire : celui de la fin de l’internet avec ses libertés innées.

Cette note a été écrite par Farid Gueham, consultant secteur public et contributeur numérique et innovation auprès de la Fondation pour l’innovation politique.