Chaque année, les débats que suscite l’annonce des chiffres de la pauvreté éludent un aspect essentiel de son évolution : depuis le milieu des années 1980, la pauvreté s’est davantage transformée démographiquement qu’elle n’a augmenté statistiquement. À trop considérer le phénomène sous un angle comptable, les décideurs publics peinent à en appréhender les mutations profondes.

Objet d’une intervention publique toujours plus dense, la lutte contre la pauvreté gagnerait à se doter d’instruments d’action publique plus génériques, agissant sur les déterminants du phénomène : le travail, la famille et l’immigration. Parallèlement, la rationalisation des outils spécifiques alloués à cette fin en améliorera sans aucun doute l’efficacité, à l’heure où l’idée d’un « revenu universel » n’a jamais connu autant d’échos dans le débat public. Au travers d’une série de recommandations, l’auteur avance des propositions de réformes afin d’améliorer ce système à bout de souffle.

Cette note a été écrite par Julien Damon, professeur associé à Sciences Po, membre du conseil scientifique de la Fondation et l’un des contributeurs réguliers à nos travaux.