Le paritarisme est à l’ordre du jour du débat public. Certains proposent de s’en défaire, d’autres aspirent à le préciser et, là où il est nécessaire, à le parfaire. La plupart des personnes vivant en France sont concernées mais n’en ont pas grand-chose à faire. Il est vrai que le sujet ne brille pas par sa clarté. L’expression « paritarisme » désigne des blocs de politiques aux enjeux sensiblement différents (sécurité sociale, protection sociale complémentaire, formation professionnelle, politique du logement…). S’il est impossible et illégitime de vouloir se défaire, d’un coup, de tout ce que comprend et implique le paritarisme, il importe de parfaire un ensemble de mécanismes afin de permettre aux Français de se réapproprier démocratiquement leur protection sociale. Le paritarisme, en effet, intrigue, intéresse et inquiète. Il intrigue, car les procédures et circuits procèdent d’une redoutable complexité. Il intéresse (ou devrait intéresser), car il se situe au coeur du modèle social français. Enfin, il inquiète, car le relatif manque de clarté et de légitimité appelle un nécessaire aggiornamento. Au moins sur le plan financier.

Cette note rappelle certains fondamentaux et plaide pour des organisations syndicales, d’employés et d’employeurs investies dans un paritarisme mieux délimité et moins dépendant des finances publiques. Un paritarisme sous perfusion de prélèvements obligatoires et de subventions pervertit autant l’idéal que le quotidien de la démocratie sociale. Un paritarisme d’adhésion et de conviction, sur un périmètre ajusté, lui confère son efficacité et son éclat. Issu de l’économie et de compromis du XXe siècle, le paritarisme doit entrer dans le XXIe siècle en redéfinissant ses contours (notamment par rapport aux pouvoirs publics) et en revoyant ses modalités de financement (notamment par rapport aux finances publiques). Cette note plaide pour une transparence assurée, une indépendance affirmée, une gouvernance optimisée. L’ambition consiste à rénover substantiellement le paritarisme plutôt qu’à simplement le ripoliner ou, abusivement, le contester.

Cette note a été écrite par Julien Damon, Professeur associé à Sciences Po et membre du conseil scientifique et d’évaluation de la Fondapol.