En 2001, un économiste de Goldman Sachs introduisait l’acronyme BRICS pour marquer l’entrée des pays émergents dans l’économie mondiale. Le concept d’émergence connaît un renouveau marqué qui correspond à un contexte international profondément métamorphosé. Depuis l’apparition de ce concept, des classifications aux critères larges et parfois vagues sont apparues pour tenter d’identifier les nouveaux pays émergents. Dix ans après, les BRICS ont émergé et sont confrontés aux défis de sociétés quasiment développées. Parallèlement, de nouveaux pays émergents, définis par cinq critères économiques, apparaissent. Ces critères sont une population nombreuse, un taux de croissance potentielle à dix ans oscillant autour de 5 %, une urbanisation à 50 % en croissance, des besoins en infrastructures permettant d’accompagner le décollage économique et une stabilité politique qui permet de mettre en œuvre des projets à long terme. En vertu de ces critères, les prochains pays émergents sont les BENIVM, désignant le Bangladesh, l’Éthiopie, le Nigeria, l’Indonésie, le Vietnam et le Mexique. Déjà, derrière les BENIVM, d’autres pays, disposant d’une population moins nombreuse et d’une économie davantage liée à l’exploitation des matières premières, sont prêts à prendre le relais de la croissance mondiale ou, du moins, à y participer fortement. Or la France est économiquement peu présente dans les BENIVM et ne fournit pas (encore ?) les efforts nécessaires pour redéployer ses moyens économiques et commerciaux vers ces futures puissances économiques.

 

Laurence Daziano – La nouvelle vague des émergents by Fondapol