On a parfois tendance, aussi bien en France que dans l’Union européenne, à occulter le rôle important de la religion chrétienne dans la généalogie de la modernité. Cette note se propose de récuser ce déni, en insistant sur le rôle (paradoxal) joué par la réflexivité chrétienne dans la sortie de l’univers théocratique et dans l’émergence de la civilisation démocratique.

La seconde partie de cette note, publiée simultanément, s’intitule Le christianisme et la modernité européenne (2) Comprendre le retour de l’institution religieuse. Après avoir abordé les résistances religieuses qui ont fait obstacle à la constitution de la modernité occidentale et qui ont souvent débouché sur la mise à l’écart des Églises, elle vise à montrer comment les institutions religieuses font aujourd’hui leur retour dans l’espace public.

Cette note a été écrite par Philippe Portier et Jean-Paul Willaime, directeurs d’études à l’École pratique des hautes études (PSL-Sorbonne).