En janvier 2006, Bronislaw Geremek et Jean-Didier Vincent lançaient un appel dans Le Monde pour la création d’une Université de l’Europe qui serait un lieu de pensée, d’enseignement, de recherche pour les futures générations d’Européens. Un groupe de travail s’est constitué pour définir les contours de cette université, telle qu’avancée dans l’Appel pour l’Université de l’Europe à Strasbourg (octobre 2007). Aujourd’hui, l’idée d’une Université de l’Europe a fait son chemin et convaincu de nombreux universitaires et politiques, en France comme en Europe. Dans ce document de travail, Zoe McKenzie propose un modèle et une structure propres à ce projet, destinés à passer à une phase de concrétisation.Comme le souligne Zoe McKenzie en introduction, l’Université de l’Europe se distingue de structures analogues comme le Collège de l’Europe à Bruges ou l’Institut universitaire européen de Florence par le public visé : des actifs expérimentés, jeunes et moins jeunes, souhaitant une formation approfondie ou complémentaire du savoir-faire qu’ils ont acquis. Cette université veut occuper une place à part dans le paysage de l’enseignement supérieur en comblant un certain nombre de lacunes et répondre à des besoins qui ne sont pas satisfaits. Ainsi, elle devrait inaugurer un modèle unique d’éducation et de formation tout au long de la vie en proposant des programmes de masters pluridisciplinaires de haut niveau, dans un premier temps en sciences et technologies convergentes, en économie du développement et de l’innovation, en sciences humaines et sociales et en éthique. Cette option pluridisciplinaire fait déjà le succès d’instituts d’enseignement supérieur de référence comme la London School of Economics ou les universités d’Harvard et de Stanford.
La combinaison des connaissances et des modes de pensée de disciplines différentes permet en effet aujourd’hui d’être plus en phase avec une réalité de plus en plus complexe. Néanmoins, l’apport de l’Université de l’Europe sera de dispenser un enseignement proprement européen, sur l’histoire comme sur l’avenir de l’Europe, sur son patrimoine culturel et moral, sa conception de la société et du progrès. La structure de cet établissement devrait s’inspirer de celle initiée par l’Institut européen de technologie (IET), c’est-à-dire devenir une institution stratégiquement, financièrement et administrativement indépendante dont l’excellence lui permettra d’être compétitive à l’échelle internationale. Ce qui ne peut que répondre à l’ambition européenne de créer « l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde d’ici 2010 ».