La formation professionnelle est un formidable enjeu social et économique. C’est un enjeu individuel pour les milliers de salariés, dont les carrières vont connaître des changements croissants, et un enjeu collectif au cœur de la politique de ressources humaines des entreprises, pour lesquelles c’est un levier de développement incontournable. Pourtant, les situations sont très variables selon les pays, selon les types d’entreprises, selon les cycles de formation… Beaucoup dépend du bon déploiement du triangle formé entre l’actif, l’entreprise et l’organisme de formation. Les modalités de transmission des compétences sont fortement impactées par les processus de digitalisation. La loi de mars 2014 marque une rupture, en entraînant des obligations différentes et donc une nouvelle répartition des rôles, via un renforcement de l’intervention des Régions et de l’Europe. Cette loi crée surtout de nouveaux outils comme le conseil en évolution professionnelle, pour orienter, ou le compte personnel de formation, pour capitaliser. Ces deux dispositifs deviennent les pivots du nouveau système institué, en plaçant l’actif au cœur de la demande. La formation professionnelle de demain devra désormais respecter des exigences de qualité, dues tant aux prescripteurs qu’aux apprenants. À la clé, la question centrale est bien celle d’une formation professionnelle à même de réduire les inégalités devant l’emploi, plutôt que d’accentuer les avantages des insiders.

Cette note a été écrite par Olivier Faron, administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers.