Le Parti de la liberté d’Autriche – FPÖ – est la variante d’un phénomène européen qualifié de « national-populiste » et englobant de nombreuses formations : les Partis de la Liberté, la Ligue du Nord, les Vrais Finlandais, le Vlaams Belang, le Front national, etc. Cependant, le FPÖ est enraciné dans la vie politique autrichienne depuis 1949.
Le 22 mai 2016, au second tour de l’élection présidentielle, le candidat du FPÖ, Norbert Hofer, a obtenu 49,65 % des suffrages exprimés. Fait sans précédent, à la suite d’un recours déposé par le parti populiste, le scrutin a été annulé par la Cour constitutionnelle en raison d’une série de négligences et d’irrégularités lors du dépouillement. Le nouveau second tour, organisé le 4 décembre 2016, sera l’occasion de mesurer la solidité de la poussée populiste extraordinaire enregistrée en Autriche depuis 2013.
Les succès du FPÖ sont la conséquence de la mutation du système politique depuis 1990 ainsi que des profondes transformations économiques, sociales et culturelles nées de l’effondrement du communisme, de la globalisation, des crises financières et du défi migratoire en cours. L’épuisement des grandes coalitions a produit un « désalignement » électoral, c’est-à-dire un rejet des partis de gouvernement au profit du FPÖ. À ces facteurs s’ajoute la montée d’une demande d’affirmation d’un pouvoir présidentiel jusqu’ici largement symbolique. La combinaison de ces forces, à laquelle s’ajoute un fort ressentiment envers les institutions européennes, engendre une puissante droite électorale national-populiste.
Cette note a été écrite par Patrick Moreau, Docteur en histoire et docteur d’État en sciences politiques (FNSP) et chercheur au CNRS au laboratoire Dynamiques Européennes de l’université de Strasbourg.