Comment concilier efficacement les intérêts du libéralisme et les enjeux écologiques auxquels notre société accorde de plus en plus d’importance ? Dans sa note Ecologie et libéralisme, Corine Pelluchon propose plusieurs pistes de réflexion afin de ne plus percevoir l’écologie et le développement durable comme des valeurs, en opposition avec les préoccupations économiques et politiques de notre époque.
40 pages, 3€ | Août 2011 | ISBN : 978-2-36408-007-2






























- Pourquoi parler de « considérabilité » quand on peut parler de considération ? Doit-on entendre que les êtres vivants ont la possibilité d’être considérés moralement ou de ne pas l’être ? Une valeur ne doit pas être un dogme, certes. Est-ce à dire par exemple que le respect grandit ou s’amoindrit en fonction de son destinataire ? La morale n’a donc plus rien d’un impératif, elle n’est plus même un droit univoque, elle est un fait humain, et contingent.
- En outre, la morale ne peut-elle rien faire d’autre que suggérer des limites à l’action humaine, libre en droit d’en tenir compte (ou de ne pas le faire) ? Dans notre monde civilisé s’établissant au-delà de la loi du plus fort, c’est la loi qui confère une limite aux comportements anthropocentristes, sous peine de. Quand une compagnie pharmaceutique détruit l’écosystème d’un fleuve, quand une compagnie d’élevage introduit une espèce ravageant la biodiversité d’un lac, lorsque des agriculteurs implantent des organismes génétiquement modifiés dans leurs semences, détruisant l’équilibre ambiant de la faune et de la flore, qu’une compagnie pétrolière perpétue des bouleversements aveugles et inconsidérés au long terme, sur la vie en générale, ou lorsque l’inextinguible croissance démographique s’empare de l’habitat du vivant, inévitablement, mais sans pour autant menacer -directement- la vie de ses congénères, c’est alors à la considérabilité morale que nous sommes censés nous en remettre ?
- Ou plutôt, si le constat des sciences et leurs avertissements ne fondent pas la politique, doit-on faire confiance aux décideurs, aux formats de leur décision et à leurs contenus, pris dans l’étau des impératifs de marchés financiers, et d’un nouvel électorat de moins en moins préoccupé par l’écologie « profonde » ?
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Merci
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