Les syndicats sont les acteurs incontournables d’une démocratie sociale marquée par de nombreuses réformes depuis les années 2000. Ces réformes cherchent à promouvoir une nouvelle régulation entre les employeurs et les représentants des salariés, au plus près des problématiques des entreprises, voire une nouvelle fabrique des réformes liées au travail et aux relations professionnelles. Elles sont le produit de négociations sociales entre les partenaires sociaux et de concertations avec les gouvernements successifs. Elles ont également soulevé des contestations.

Mais que pèsent exactement les syndicats dans le monde du travail et comment se fonde leur légitimité ? Depuis 2008, la CFDT, la CGT, le Medef et la CPME se sont entendus avec les pouvoirs publics pour que la représentativité syndicale repose sur les résultats des élections professionnelles. Ces résultats, propres à chaque entreprise, font l’objet d’un recensement continu et d’une publication officielle tous les quatre ans, la dernière datant de 2017. Mais cette mesure de la représentativité syndicale n’a guère suscité d’analyses de la part des médias ou de la recherche, alors que ses résultats fondent désormais le pouvoir syndical.

Cette note s’intéresse donc aux résultats des élections professionnelles et, d’abord, à leur construction, assemblage de consultations disparates. Elle propose ensuite une analyse fouillée de la participation électorale, qui demeure globalement faible, puis des audiences syndicales, qui ont vu la CGT perdre son leadership historique au profit de la CFDT. Cette nouvelle donne syndicale ouvre-t-elle une nouvelle période pour la démocratie sociale « à la française » ?

Cette note à été écrite par Dominique Andolfatto, professeur de science politique à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté/Credespo.