La crise du coronavirus a mis en évidence une dépendance extérieure excessive des Européens en matière sanitaire. D’ores et déjà, ce constat a entraîné des annonces de relocalisation de certaines productions en France et en Europe. Ces relocalisations, qui dépendent avant tout des entreprises, pourraient toutefois être limitées dès lors qu’elles ne sont qu’une option économique parmi d’autres. Dans un contexte géopolitique nouveau, elles pourraient également être encouragées par les autorités publiques, nationales et européennes. Il revient d’abord à la France de prendre les bonnes décisions afin de renforcer son attractivité, au même titre que ses partenaires européens.

L’Union européenne, quant à elle, dispose d’une série d’outils économiques, financiers et industriels qui sont autant d’atouts pour attirer les investisseurs, notamment grâce au marché unique. Compétence exclusive de l’Union européenne, la politique commerciale doit également contribuer à dessiner le cadre juridique et politique dans lequel opèrent les investisseurs. C’est sur ce registre commercial que doivent être identifiés les outils communautaires, existants ou à créer, susceptibles de favoriser un mouvement de relocalisations, dans un contexte propice à l’affirmation des préférences collectives européennes. Afin de renforcer le retour ou l’installation d’activités productives sur son sol, la France doit donc concilier usage résolu des outils nationaux et mobilisation consensuelle des outils européens.


Cette étude est la deuxième de « Relocaliser – Décarboner – Rapatrier », la nouvelle série de la Fondation pour l’innovation politique. Elle a été écrite par Yves Bertoncini, enseignant et consultant en Affaires européennes.