À l’heure où le protectionnisme occupe une place croissante dans le débat public aux États-Unis comme en Europe, l’ouverture au monde de l’économie française, condition de sa croissance, ne saurait être remise en cause. L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis symbolise le retour du protectionnisme dans les échanges internationaux. La politique commerciale que le président élu souhaite mettre en place passe par un rejet des accords internationaux. Cette nouvelle politique commerciale américaine devrait avoir des impacts forts sur les échanges internationaux.

Au sein de l’Union européenne, la politique commerciale, compétence exclusive de l’Union, fait également l’objet de contestations croissantes. Le commerce international constitue d’autant plus un facteur déterminant de l’influence et du rang de la France dans le monde au travers des grandes négociations multilatérales. Notre pays doit y retrouver une place centrale malgré ses handicaps : déficit de la balance commerciale structurellement élevé, décrochage industriel. Parallèlement, la structure du commerce mondial s’est fortement modifiée, déplaçant les zones de croissance des pays développés vers les pays émergents, dans lesquels il nous faudra investir massivement.

Dans un tel contexte, la politique commerciale de la France doit être refondée, avec des ambitions renouvelées et une « vision » davantage que des mesures techniques. La présente note a pour ambition de constituer un ensemble cohérent et ambitieux de réformes pour repenser notre politique commerciale et retrouver une place centrale dans la nouvelle économie mondiale.

Cette note a été écrite par Laurence Daziano, maître de conférences en économie à Sciences Po et membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique. Spécialiste des pays émergents, elle est l’auteur de l’ouvrage Les Pays émergents, approche géo-économique (Armand Colin, 2014).