Limiter le réchauffement sous les +2 °C impose de diviser les émissions de CO2 par trois d’ici 2050, soit le niveau de 1950, avec entre-temps un PIB multiplié par dix. Cette rupture conditionne la sortie du thermocène, en vigueur depuis deux siècles.

Au-delà des systèmes énergétiques, une transformation profonde des sociétés s’impose (habitat, transport, agriculture, industrie, chaînes logistiques, commerce international, …), dans un monde urbain à 70 %, où des villes de 10 millions d’habitants parsèmeront la planète en 2050.

Des turbulences s’annoncent, fissurant les nations, à l’image des États-Unis, coupés en deux, avec une Alliance pour le climat regroupant dix-sept États face à des États miniers qui espèrent un retour du charbon roi. Ces turbulences traversent aussi la France et sont à l’origine de la crise des « gilets jaunes ». Et l’opposition des nations menace aussi, l’entrée dans l’ère post-carbone ébranlant les fondations de la Russie, de l’Arabie saoudite, de l’Algérie…

Ces turbulences peuvent traduire la pérennité de l’ère des énergies fossiles, tout comme l’émergence proche d’une société post-carbone, cela sans que la décennie 2010 permette de trancher cette alternative.

Cette note a été écrite par Patrice Geoffron, professeur à l’université Paris-Dauphine-PSL.