Les récentes élections législatives en Australie ont été suivies d’une période de suspens intense, les deux principaux partis, le parti travailliste (Labor) et la coalition libérale (Coalition), ayant obtenu le même nombre de sièges au Parlement. C’est ainsi que deux députés indépendants, Tony Windsor et Rob Oakeshott, ont pu jouer, en dernière instance, un rôle déterminant dans le dénouement des résultats en se ralliant au camp de Julia Guillard, Premier ministre travailliste sortant. Le nouveau gouvernement est certes minoritaire, mais les travaillistes maintenus au pouvoir pourront poursuivre le chantier qu’ils ont lancé de construction d’un réseau de fibre optique pour l’accès de tous à l’internet. Ce projet est très contesté par l’opposition qui considère que ce n’est pas le rôle du gouvernement de financer un tel réseau.
Selon le député Tony Windsor, interrogé par ABC News, il apparaît nettement que le projet très haut débit (NBN – National Broadband Network) est devenu un enjeu majeur pour les régions. C’est une chance pour leur développement, mais aussi pour leur identité car le réseau abolit les distances. Le député a promis de surveiller ce chantier, notamment en s’engageant dans le Comité de développement régional qui sera installé à cet effet, probablement dans l’Université nationale australienne (Australian National University).
Ce projet de déploiement du réseau s’accorde avec la vision d’une plus grande ouverture des services publics vers les citoyens et entre en cohérence avec les objectifs du rapport commandé à l’économiste Nicolas Gruen par le ministre des finances et de la dérégulation Lindsay Tanner, rapport remis en décembre 2009. Lindsey Tanner a été fortement influencé par la politique numérique impulsée aux Etats-Unis par Barack Obama, lequel fait suivre de très près le processus d’ouverture des données de son administration, et par le mouvement OpenData en Angleterre, initié par David Cameron. Pour la rédaction de ce rapport, ont été impliqués, dès le départ, des acteurs du service public. La politique2.0 en Australie, clairement énoncée, trouve dans la construction du réseau Très haut débit, les moyens de son application.
Il ne s’agit pas d’idéaliser une expérience menée ailleurs. Nicolas Gruen, que nous avons récemment interrogé, reconnaît qu’il faudra du temps pour éduquer la population et rendre l’administration plus ouverte au travers du réseau internet. C’est moins une question de compétence que de culture.

Claude Sadaj