Le site français Data Publica, place de marché de données publiques, a été officiellement lancé jeudi dernier, 16 septembre. Cet événement majeur, très attendu des spécialistes de l’Internet, fait entrer la France dans le cercle des pays du monde déjà engagés dans cet élan d’innovation démocratique. En effet, dans le mouvement d’ouverture des données publiques, le citoyen est appelé à participer à la création de services d’intérêt général. Le site français Data Publica, place de marché de données publiques, a été officiellement lancé jeudi dernier, 16 septembre. Cet événement majeur, très attendu des spécialistes de l’Internet, fait entrer la France dans le cercle des pays du monde déjà engagés dans cet élan d’innovation démocratique. En effet, dans le mouvement d’ouverture des données publiques, le citoyen est appelé à participer à la création de services d’intérêt général.
Nous avons déjà eu l’occasion de présenter les enjeux de l’ouverture des données. La question en suspens était celle de la mise en œuvre du principe qui, devons-nous insister, est aussi une philosophie de l’ouverture et de la participation citoyenne.
La question aujourd’hui est celle de la pérennisation du projet. Rappelons qu’il est né, à l’origine, de la volonté d’un groupe de passionnés, par ailleurs entrepreneurs (Araok, Talend, Nexedi), convaincus qu’avec l’usage croissant du téléphone mobile connecté à internet, les questions d’accessibilité à des services publics en ligne ne portent plus sur l’acquisition ou la maîtrise d’usage des outils informatiques, notamment des ordinateurs, mais sur les contenus. Le contexte est extrêmement favorable au développement de ces services car le public est très demandeur (localisation des commerces, des produits, affichage des horaires de transport, alertes pollution et trafic, etc.). Tout le monde est capable aujourd’hui d’activer une application sur son terminal mobile.
Les pouvoirs publics ont donné des signes d’intérêt. C’est ainsi que l’appel à projets « Web innovant » lancé par l’Etat en 2009, a pu distinguer l’équipe de Data Publica et a permis de financer partiellement la réalisation de la plateforme. Mais l’engagement de l’équipe projet est prévu pour une année, et doit prendre fin en décembre prochain. Ce terme, si proche de l’acte de naissance de la plateforme, ne doit toutefois pas en bloquer les développements à venir. Ce sera l’une des tâches de François Bancilhon, initiateur et responsable du projet, que de sensibiliser les éditeurs de données afin que soit rapidement investie la plateforme et de trouver un modèle économique viable tout en assurant la gratuité du service actuel pour tous (citoyens, chercheurs, journalistes, entreprises, etc.) En effet, les données constituent son aliment vital.
Il faudra donc convaincre et faire tomber les réticences des institutions qui ont une tendance forte à garder ce qu’elles croient être leur bien ou à imaginer qu’elles en perdraient le contrôle. Ainsi la RATP et le STIF sont-ils peut-être passés à côté de belles occasions d’obtenir des applications efficaces et utiles, réalisées par et pour les usagers des transports, quel que soit leur type de téléphone, quelle que soit leur situation géographique, ceci faute de conscience des enjeux réels de ce changement dans les méthodes de travail. Les systèmes centralisés et pensés depuis le haut vers le bas, ne sont pas les plus productifs, ni les plus ingénieux. Donner au public les outils et la matière, c’est infiniment plus performant et moins coûteux. Avec internet, le génie vient des bords de la toile et non du centre.
La plateforme Data Publica doit maintenant vivre et prospérer. Les établissements publics, notamment l’Insee, commencent à libérer des données. Et nous avons une loi qui porte sur la réutilisation des données publiques, ainsi qu’une agence, l’APIE, dont la mission est d’aider les organisations publiques et assimilées à transmettre leurs données dans les meilleures conditions sous des formats et des licences adaptées. Certes quelques administrations y travaillent en ce moment. Mais il manque une impulsion politique forte pour favoriser la montée en puissance de l’écosystème. Espérons voir bientôt quelques initiatives significatives.

Claude Sadaj