A la suite des récents événements survenus dans le monde arabo-musulman, une idée s’est gravée dans les esprits : les technologies de l’internet et les réseaux sociaux sont devenus le passage obligé de la relation du pouvoir politique avec les citoyens. C’est ce que la jeunesse étudiante française, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012, entend prouver bientôt avec son site participatif : 2012mêmepaspeur. Le site a été lancé par le réseau Animafac qui rassemble à ce jour 12000 associations étudiantes. Il se veut non partisan, pluraliste, ouvert à tous, sans distinction d’âge ou de statut et a pour ambition de susciter à terme la contribution d’au moins 100 000 personnes pour déterminer les thèmes de société majeurs qui intéressent les jeunes.


Selon Ahmed El Khadiri, délégué général de Animafac, que Fondapol a interrogé à l’occasion de la création de 2012mêmepaspeur, la jeunesse ne se reconnaît pas dans les discours politiques qui émergent en ce moment. « Nous trouvons navrant, dit-il, d’utiliser l’immigration pour produire de la peur. L’exemple du plombier polonais, il y a quelques années, nous a marqués et maintenant nous voyons que ce type de discours s’installe, y compris à des fins électorales. Nous voulons construire un autre ordre du jour politique, peser dans les débats et montrer que nous voulons nous affranchir des registres simplistes, voire populistes qui gagnent du terrain dans l’opinion publique et qui nous menacent tous ».


Le site est conçu pour être à la fois une plateforme d’expression citoyenne et le point de départ d’actions de terrain ciblées prévues un peu partout en France. On pourra y trouver des kits d’action, stickers, affiches etc. sans logo et donc adaptables localement aux besoins des organisateurs d’événements.

Claude Sadaj