Les réseaux sociaux de type Facebook ou Twitter font l’objet d’une attention renouvelée auprès du grand public et des acteurs politiques auxquels des société spécialisées proposent des services de création de sites internet, de blogs et d’applications sur téléphone mobile. Les plus grosses organisations politiques, d’envergure nationale, se sont déjà bien adaptées aux modes de communication en ligne. A un échelon plus local ou bien différemment, au niveau supranational, européen par exemple, on rencontre encore assez souvent de la perplexité voire de la méfiance. Pour contrer les préventions ou combler les lacunes, des formations sont proposées par des entreprises, des associations (associations de maires), ou des organismes publics. Consciente de ce besoin, la ministre de l’économie numérique Nathalie Kosciusko Morizet lançait le 20 octobre 2009, les ateliers de l’élu 2.0 à l’intention des parlementaires nationaux désireux de se former aux usages des réseaux sociaux. L’initiative fut très bien reçue et connut un grand succès.

Aujourd’hui l’expérience se poursuit au niveau européen, à Bruxelles, avec les MEP 2.0 workshops animés notamment par Damien Abad, le benjamin des eurodéputés français, membre du Nouveau Centre et du PPE.

Au programme : Facebook et les outils du web2.0, Twitter, Google, Dailymotion, Youtube… « Il s’agit avant tout, nous dit Damien Abad, de donner les moyens aux parlementaires de travailler dans une plus grande proximité avec les citoyens. Le parlement européen est loin, il faut rendre visible le mandat du député et il faut qu’il puisse rendre des comptes. Par ailleurs, les réseaux sociaux apportent une contribution singulière au débat public car les parlementaires y expriment plus volontiers leurs opinions et leurs sentiments, loin des registres institutionnels » (entretien du 2 février 2011).

L’atelier n°2 portait sur Facebook, plateforme de réseau social dans laquelle se reflète bien l’évolution des usages des technologies de communication. En effet, pour ne prendre que l’exemple de la France, on compte désormais plus de 20 millions de comptes ouverts. Ce chiffre intègre majoritairement la frange des électeurs les plus jeunes : 52% des utilisateurs ont entre 18 et 34 ans. Notre pays se place au 6ème rang dans le classement mondial de Facebook pour le nombre d’utilisateurs avec un taux de pénétration de 31,7%.

Comme l’expliquait Richard Allan, directeur des affaires publiques Europe de Facebook, à l’occasion de cet atelier du 26 janvier dernier, « on a connu une première époque qui a été celle des sites internet lourds à installer, complexes et destinés à de grosses organisations, puis est venue l’époque des blogs propulsés par des technophiles qui voulaient prendre en charge eux-mêmes leurs publications, et nous sommes arrivés enfin aux plateformes de réseaux sociaux gratuites et accessibles à tous, ne nécessitant aucune compétence technique particulière. En quelques clics chacun peut maintenant se créer un compte ».

Les ateliers MEP 2.0 ont pour objectif la formation aux outils des réseaux sociaux et aux applications mobiles associées. Il nous semble qu’incidemment, les parlementaires saisiront le sens du changement qui s’opère dans les mentalités par l’usage de ces technologies d’information et de communication. Les citoyens veulent s’exprimer sur des sujets ponctuels. Des communautés d’intérêt forment des groupes qui évoluent hors des schémas traditionnels d’allégeance à une figure politique, à un parti ou à une doctrine. Les outils des réseaux sociaux donnent précisément aux élus les moyens de cibler ces groupes et de démultiplier leur présence sur la place publique.

Claude Sadaj