Une tendance se dessine dans les pays émergents où l’on voit des communautés s’organiser dans le but de dénoncer les dysfonctionnements des administrations voire des malversations ou des actes de corruption. Ces démarches visent à sensibiliser les instances dirigeantes dans l’espoir d’obtenir un changement de politique.

C’est ce phénomène qui, en Inde, a fait l’objet en novembre dernier de discussions dans le cadre de l’ « Expo for democracy and open government » organisée à Mumbai. Un panel de personnalités indiennes engagées dans la lutte contre la corruption ont pu montrer comment les technologies opèrent dans le processus de démocratisation et d’innovation politique en offrant aux citoyens les moyens de participer activement à la gouvernance. Les plus hautes autorités de l’État indien, confrontées à l’aggravation de la corruption, notamment dans les administrations locales, et conscientes que ce fléau pourrait avoir des conséquences importantes sur l’opinion, ont annoncé la mise en place d’un plan de lutte contre la corruption des fonctionnaires et des personnalités politiques. Ces initiatives pourraient bien avoir un lien avec la montée des protestations du peuple qui se sent renforcé dans l’image de sa multitude que lui renvoie internet.

Photo nobribe.com

Dans ce contexte, plusieurs de sites de dénonciation ont vu le jour en Inde. Pour ne citer qu’un exemple, la plateforme « I paid a bribe » (j’ai payé un pot de vin) a été créée il y a quelques mois par une organisation non gouvernementale, Janaagraha, qui travaille avec les citoyens et le gouvernement à l’amélioration de la qualité de vie dans les villes, notamment en suscitant l’engagement volontaire des personnes. Depuis quelques mois, ce sont déjà 3000 internautes qui ont posté leur témoignage. Nous devons le voir comme un symptôme de la volonté des individus de prendre en main leur sort, et de contraindre les pouvoirs à opérer rapidement les transformations nécessaires.

Photo ipaidabribe.com

Le peuple indien a sans aucun doute un défi à relever. Comme chaque année, le « Corruption Perceptions Index » du « Transparency International » donne les résultats d’un classemeent mondial des pays selon le critère de corruption. L’Inde a perdu 3 places en 2010 et se range à la 87 ème place sur un total de 178 pays.

La démarche de publicisation des actes politiques par les citoyens est une tendance qui se constate dans tous les pays, et dans toutes les couches sociales par l’usage facilité des technologies de l’internet. Tous les gouvernements devront dorénavant intégrer cette réalité.

Claude Sadaj