Une manifestation rassemblant plusieurs milliers de personnes vient d’avoir lieu à Istanbul ainsi que dans une trentaine de villes en Turquie. Le mouvement de protestation a été déclenché par un projet de filtrage d’internet annoncé par l’autorité chargée des technologies d’information et de communication (B.T.K.). Le projet devrait être mis en oeuvre dès cet été.

Face à cette opposition virulente, le B.T.K a assuré que les utilisateurs d’internet seront toujours en mesure d’accéder à tous les contenus s’ils choisissent parmi les quatre options celle qui convient à leurs besoins : « standard », « enfants », « famille », « employés ».  Le B.T.K. a précisé que ce dispositif a été prévu pour répondre aux plaintes des usagers Turcs qui réclament un internet plus sûr.

Les opposants au projet, parmi lesquels  se trouvent des rédacteurs de l’encyclopédie collaborative Wikipedia, n’entendent pas renoncer au droit d’aller surfer librement sur le réseau, loin de toute intervention gouvernementale qui pourrait limiter cette liberté. Ils ont exprimé des doutes sur les intentions réelles du gouvernement et ont indiqué que les fournisseurs d’accès proposent déjà des outils gratuits de filtrage.

La déclaration du gouvernement concernant ce dispositif est prévue pour le 22 août prochain. La plupart des membres de la communauté turque en ligne voient déjà cette déclaration comme « le décret de la fin du monde de l’internet en Turquie ». Selon ces nouvelles règles, qui en fait instaurent une censure, les sites web hébergés en Turquie ne devront plus comporter de contenu à caractère sexuel ni de mots à connotation sexuelle, tels que « chaude, blonde, interdit, secret, adolescence… » sous peine de fermeture permanente. Toute tentative de contournement de ces restrictions sera considérée comme un crime.

Pour la communauté des internautes, cette mesure marque un recul inacceptable de la démocratie en Turquie.

Claude Sadaj