On connaissait le système des plateformes commerciales de téléchargement d’applications numériques, du type Apps store (Apple, Samsung, Google…), que les grandes marques s’efforcent de rendre attractives. On a vu naître ensuite le concept de plateforme d’applications gratuites de services publics destinées aux citoyens, principalement celle de « Proxima mobile ». Depuis peu, au Royaume Uni, le gouvernement propose un système similaire pour innover dans l’administration avec son « cloudstore » d’applications et de services informatiques à l’usage des services d’achat de l’Etat. Ce qui signifie que ces services devraient pouvoir disposer bientôt de nombreuses applications, outils collaboratifs, services de courrier, logiciels de traitement de textes, agenda partagé, hébergement, gestion de documents électroniques etc., le tout distribué à la demande, depuis cette plateforme commune située « in the cloud », autrement dit « dans les nuages », encore expérimentale et peu conviviale, mais qui a le mérite d’avoir été développée en quatre semaines seulement. La plateforme se prête par principe aux critiques et aux suggestions des agents afin d’évoluer rapidement.

L’idée présente plusieurs intérêts : il s’agit d’abord de favoriser les petites et moyennes entreprises qui auraient des services à proposer au secteur public. Ces petites et moyennes entreprises seraient accréditées par l’Etat. On estime qu’en popularisant l’outil, il y aurait au Royaume-Uni plus de 1700 applications créées et 250 fournisseurs concernés. Ensuite, on espère que le fonctionnement des achats dans les administrations sera rendu plus agile, que les coûts seront mieux ajustés à chaque besoin, et qu’il ne sera plus obligatoire de réaliser des contrats de longue durée avec les grands fournisseurs.

On voit en effet tout l’intérêt d’une telle évolution car, jusqu’ici il fallait entrer dans des procédures de marchés publics très lourdes et assez rigides – le modèle français nous en donne l’exemple -, engageant parfois pour plusieurs années une administration avec ses fournisseurs de produits et services.

La création de la plateforme s’intègre dans un programme plus large d’évolution du secteur public appelé à mutualiser les achats, les ressources, et à partager les informations en réseau. 
Le dispositif devrait contribuer à une économie de l’ordre de 180 millions de livres d’ici à 2015.

C’est une avancée dans l’innovation administrative qui permettra que l’administration soit plus efficace, que les dépenses publiques soient mieux maîtrisées car les comparaisons seront facilitées, que ce soit entre les prestataires, les produits ou les services. En somme, le système des achats se mettrait effectivement en régime de transparence.

Claude Sadaj