Alors qu’un vote contestataire est bien ancré aux États-Unis, l’hypothèse d’un tel scénario est possible en France en vue de la présidentielle de 2022, où Marine Le Pen pourrait être élue en cas de forte abstention.

Les élections américaines démontrent qu’un vote contestataire est bien installé outre-atlantique mais qu’en est-il de sa situation en France ? Jean-Pierre Raffarin a fait ce constat sur RTL, mercredi 4 novembre, en affirmant que « l’outrance est donc compatible avec la démocratie« . On peut dire n’importe quoi, être élu et être encore plébiscité par ses électeurs, quatre ans plus tard.

En France, une campagne outrancière faite de mensonges et d’attaques, défiant toutes les règles, peut également amener à la victoire. En disant cette phrase, Jean-Pierre Raffarin repense à Jean-Marie Le Pen et ses outrances et pense aujourd’hui à sa fille, Marine Le Pen, en vue de la présidentielle de 2022 où elle est officiellement candidate.

Lors de l’élection de Donald Trump en 2016, la présidente du Rassemblement National avait dit que « ce n’est pas la fin du monde, c’est la fin d’un monde« . Le score du président américain lors de cette élection, même s’il perd, sonne comme un rappel. Un vote contestataire peut en effet l’emporter et peut même résister à l’épreuve du pouvoir.

Un vote contestataire possible en France en 2022

En France, un tel phénomène est possible. Une étude de la Fondation pour l’innovation politique, publié dans le Figaro fin octobre, a livré une photographie de la France en la matière. À la question : « Pourriez-vous en 2022, vous abstenir, votez blanc, populiste ou anticapitaliste ? », 79% des Français répondent oui, soit presque 8 Français sur 10.

Le vote anti-système en France équivaut à voter pour Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan, Lutte Ouvrière et d’autres partis de gauche dits « révolutionnaires ». Dans les urnes, ce vote là, additionné à l’abstention, représentait déjà 60% des inscrits en 2017. La conclusion, c’est que Marine Le Pen, aidée par une forte abstention au second tour, pourrait l’emporter en 2022.

Ce constat est à replacer dans un contexte puisque les multiples crises, additionnées à celle du coronavirus, et la peur, dominent les esprits. Les partis traditionnels n’ont pas les réponses les plus simples pour y répondre et ils sont donc rejetés par les électeurs. Tout cela peut donc amener à ce que Dominique Reynié, le directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, appelle un accident électoral. L’abstention pourrait en effet donner un résultat qu’une majorité de Français ne souhaitait absolument pas.

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