À l’approche de l’échéance de la grande concertation sur le futur système universel de retraite, la question du renforcement de la solidarité entre les générations se pose.

Les concertations entre le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, et les partenaires sociaux entrent dans leur dernière phase. « Début mai, nous aurons terminé le calendrier de nos rencontres », a assuré Jean-Paul Delevoye, le 11 mars 2019 lors d’un colloque à l’Assemblée nationale sur le thème « Vers un système universel de retraite par répartition: Quel contrat entre les générations? »

Depuis avril 2018, le haut commissaire à la réforme des retraite a ouvert des dossiers aussi sensibles et complexes que: l’âge et les conditions de départ, les carrières longues, les départs anticipés, la pénibilité, l’inaptitude et l’invalidité, les règles de pilotage du nouveau système, la place des réserves des régimes actuels dans le futur dispositif, les règles d’indexation, l’avenir de la réversion ou celui des régimes spéciaux et des catégories actives de la fonction publique. À l’Assemblée, Jean-Paul Delevoye a précisé que les dernières réunions programmées d’ici au mois de mai traiteront de la gouvernance du régime, de la solidarité, du cumul emploi-retraite et de la transition de la vie professionnelle vers la retraite.


Promesse d’un système de retraite équitable pour toutes les générations

Le haut-commissaire en est convaincu, le système universel par points, qui englobera les 42 régimes existants et donnera les mêmes droits à chacun à niveau égal de cotisation, renforcera la solidarité entre les générations. « C’est un facteur d’apaisement de ceux qui s’angoissent de l’avenir; un moyen d’éclairer le futur des jeunes générations », a-t-il expliqué. Jean-Paul Delevoye place le futur régime dans le droit fil des principes édictés par les pères fondateurs de la Sécurité sociale qui, en 1945, voyaient en la retraite par répartition un moyen de « débarrasser le travailleur de l’incertitude des lendemains. »

79% des retraités inquiets pour leurs petits- enfants

Car la question de la confiance des Français –et notamment des jeunes-  dans l’actuel système de retraite est posée. Une vaste étude de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), l’atteste. Réalisée en septembre 2018 auprès d’un échantillon de 3001 personnes (dont 750 retraités), elle traduit l’inquiétude de l’opinion, malgré l’enchaînement des réformes – cinq depuis 1993-, censées sauvegarder l’édifice des retraites. Dominique Reynié, le président de la Fondapol en a rappelé les chiffres clés: pour près de 9 Français sur 10 le système de retraite est inégalitaire, compliqué, désavantageux pour les retraités, fragile et il risque de disparaître. 65% des hommes et 79% des femmes sont insatisfaits de son fonctionnement. 79% des retraités estiment que le montant de la retraite de leurs petits-enfants sera inférieur au leur! Enfin, si 63% des actifs restent attachés aux principes de la répartition, 52% des 18-24 ans voient dans la capitalisation un financement qui leur conviendrait mieux: preuve de leur peu de confiance dans notre système fondé sur la solidarité entre les actifs et les retraités.

Ce ressenti n’est pas ignoré par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui a rappelé la nécessité d’un pilotage du futur régime garantissant « aux jeunes qu’ils ne seront pas lésés. » Considérant le système universel comme « l’exemple de l’État providence du XXIe siècle que nous voulons construire », elle a assuré qu’il comprendrait un « haut niveau de solidarité. » « Nous reprendrons les mécanismes qui, aujourd’hui, protègent les retraités des aléas de la carrière. »  Rendez-vous au mois de juin.