Coronavirus : et après ? franceinfo ouvre le débat. Un échange à grande échelle pour stimuler et partager des questions, des idées, des témoignages et ouvrir le débat le plus largement possible sur les solutions de demain : #EtAprès, qu’est-ce qui doit changer ? Cette contribution est signée par Blanche Lochmann, présidente de la Société des agrégés et membre du conseil de surveillance de la Fondation pour l’innovation politique

#EtAPrès. L’épidémie du Covid-19 a souligné la nécessité de redéfinir des règles simples pour l’école de demain.

Faire de l’hygiène un impératif dans tous les établissements. La crise sanitaire actuelle a permis de constater que trop d’établissements sont dépourvus des moyens les plus élémentaires en matière d’hygiène : manque de points d’eau, de papier hygiénique et de savon, fermeture pure et simple des toilettes lorsqu’elles sont en trop mauvais état, budgets insuffisants pour le nettoyage des locaux, etc. Certaines écoles élémentaires ne font l’objet d’un véritable nettoyage qu’une fois par an, à l’occasion des vacances d’été. Au cours de l’année scolaire, un simple coup de balai est rapidement passé, certains soirs, dans les salles. L’influence des conditions sanitaires sur la scolarité des enfants et adolescents a été trop négligée.

Il faudra réussir à coordonner les différents échelons administratifs responsables et à préserver les moyens progressivement ôtés par les collectivités. Celles-ci ont eu tendance à considérer que des personnels permanents affectés dans un établissement pouvaient être remplacés par des prestataires externes, intervenant ponctuellement, pendant les heures de fermeture. Or ce type d’intervention n’est visiblement pas adapté aux établissements scolaires.

L’engagement cohérent des médias publics au service de la scolarité. Le confinement a permis aux parents de prendre conscience de la difficulté de l’enseignement. Il a aussi révélé l’utilité de médias éducatifs de masse, en complément des échanges entre élèves et professeurs. Ainsi, la chaîne France 4, menacée de disparition avant le confinement, a pu diffuser des cours et des émissions validés par l’Éducation nationale. Un label a été créé, « Nation apprenante », qui peut être apposé à tout contenu remplissant les attentes scolaires.

De nombreux documents, textes, films et propositions de cours existaient déjà, y compris au sein de l’Éducation nationale. Cependant, leur diffusion a trop souvent pris la forme d’une accumulation sans ordre sur des sites Internet à l’ergonomie douteuse. Il est temps de songer à la cohérence des ressources autour de la scolarité et à leur facilité d’accès. Les institutions et les grands médias publics doivent trouver leur place dans cette organisation.

Le développement de l’autonomie intellectuelle et physique des élèves. La crise a montré ce qui était attendu d’une éducation, à laquelle contribue l’école : former des êtres autonomes sur le plan intellectuel, physique et psychique. Pour beaucoup d’enfants et d’adolescents, la lecture, la pratique d’un instrument ou l’habileté manuelle ont pu rendre le confinement non seulement moins pénible mais aussi utile. La crise a également permis de distinguer les différents modes d’intervention auprès des élèves et de mieux percevoir quand la présence du maître est indispensable. Il y a le temps de l’explication et de l’exemple donné par le maître, et il y a les moments où ce sont les élèves qui doivent faire, tout seuls.

L’école pourra sans doute réfléchir à la réintroduction de certains enseignements pratiques et à une meilleure répartition entre les enseignements dispensés et l’étude individuelle active, non seulement sur une année mais aussi sur l’ensemble de la scolarité. À cet égard, la disparition progressive des heures d’étude et des salles de permanence interroge. Demain, comme aujourd’hui, la réussite de l’école reposera sur l’intendance.