Selon une étude de la Fondation pour l’innovation politique, si la Bretagne est championne de l’optimisme, l’espoir n’augmente que faiblement depuis le 11 mai

« La peur diminue, l’espoir augmente modérément mais la colère ne faiblit pas » : tel est le triptyque des émotions des Français qui ont été scrutées par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) pendant et après le confinement.

Premier enseignement, dans les 12 régions de la France métropolitaine, les sentiments face à la pandémie ne recoupent pas la carte des hospitalisations. Il existe clairement « une dissociation entre la perception et la réalité quant à la situation induite par le coronavirus », note Madeleine Hamel pour la Fondation pour l’innovation politique, qui constate : « Des régions peu touchées par le virus présentent des niveaux de peur et de colère plus élevés que des régions pourtant plus touchées ».

Jusqu’à la mi-mai, les régions centrales et les Hauts-de-France sont les championnes de la « peur ». La « colère » est alors inégalement répartie sur le territoire. Dans quatre régions, plus de la moitié des habitants dit l’éprouver : Bourgogne Franche-Comté (54,2 %), Région Sud (ex-Paca, 52,6 %), Occitanie (51 %) et Hauts-de-France (51 %). A l’inverse, cette colère n’est pas majoritaire en Bretagne (32,5 %) et en Centre-Val de Loire (37,6 %).

Quant à « la peur », elle a tendance à diminuer au fil du temps. Un Français sur deux déclare avoir peur au début du confinement mais ils ne sont plus que 38,3 % en moyenne le 10 mai. Quelques régions mettent davantage de temps à se départir de cette peur : la Bourgogne-Franche-Comté et la Normandie.

« L’espoir », lui, suit assez fidèlement les différentes séquences du confinement. Il baisse de façon continue dans un premier temps, de 36,7 % à 29,9 % dans la dernière semaine d’avril. Puis remonte à la veille du déconfinement : 35,4 % alors que la « libération » progressive du pays est prévue le 11 mai.

Ire gauloiseAprès le déconfinement, la situation évolue mais pas de façon spectaculaire. « Moins de peur, moins de colère mais l’espoir reste en berne », résume l’étude. Trois des quatre régions encore classées en rouge après le 11 mai présentent des niveaux de peur supérieurs à la moyenne (33,8 %) : Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France et Ile-de-France, alors que le Grand Est affiche un niveau de peur bas (29,6 %), proche des régions les moins touchées.

L’espoir n’habite qu’un petit tiers des Français (32,8 %) fin mai. Il est particulièrement faible en Ile-de-France (28 %) mais fort en Bourgogne Franche-Comté (37,9 %), région où, pourtant, la peur reste largement exprimée.

L’étude ne précise pas ce que les Français mettent derrière chaque terme. « Quand vous pensez à la situation liée au coronavirus, vous éprouvez de… ? » : ainsi sont formulées les questions. Chroniqueur à l’Opinion, Eric Le Boucher évoquait récemment cette colère qui « tourne en boucle (…), colle à l’air du temps ».

Un « programme de recherche » dans 20 pays, auquel participe la Fondation pour l’innovation politique associée à Ipsos, dira bientôt si cette ire gauloise est aussi allemande, brésilienne ou nigériane…