Excédés par leurs gouvernants, 79% des Français envisagent désormais l’abstention, le vote blanc ou un soutien à Le Pen, Mélenchon, Dupont-Aignan ou un candidat de la gauche révolutionnaire.

La présidentielle 2022 va-t-elle être le point de départ d’une bascule inédite sous la 5e République ? D’après un sondage de la Fondation pour l’innovation politique pour Le Figaro, de plus en plus de Français seraient tentés par un vote antisystème lors du prochain scrutin présidentiel, excédés par la crise des « gilets jaunes » mais aussi la gestion de celle du Covid-19. Ainsi, 79% des sondés envisagent l’abstention, le vote blanc ou un soutien à Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan, ou tout autre candidat de la gauche révolutionnaire. A titre de comparaison, cette « protestation électorale » touchait 60,9% des inscrits lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2017.

Dans le détail, 49% (+ 1 en un an) des protestataires se disent prêts à voter blanc et 45% (+ 4 en un an) à s’abstenir. Cette prise de distance avec le système électoral est, de plus, partagée par toutes les catégories d’âge et de profession, puisqu’elles sont toutes sur-représentées, à l’exception des retraités et des plus de 65 ans (28%).

Macron toujours une courte tête devant Le Pen

Sans surprise, la leader du vote antisystème reste Marine Le Pen, indique Le Figaro. Avec 18% d’électeurs « certains » ou avec « de fortes chances » de voter pour elle au premier tour, la présidente du RN devance largement le second visage de l’expression antisystème Jean-Luc Mélenchon (8%) et se place juste devant Emmanuel Macron (16%). Mais dans l’hypothèse d’un nouveau second tour Macron/Le Pen, le président sortant disposerait du vote « certain » ou « probable » de 31% d’électeurs, contre 25% pour son opposante. L’indécision face à un tel duel s’élève néanmoins à 13% et l’abstention ou le vote blanc à 29%.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette hausse du vote antisystème. Et le plus évident est l’insécurité, selon le sondage du Figaro. Ainsi, l’inquiétude face à la délinquance a augmenté de 16 points en un an, passant à 50%. Si bien que, pour régler ce problème, pas moins de 12% des sondés aimeraient voir l’instauration d’un régime autoritaire et 25% d’un système de démocratie directe.