Le président du Sénat souhaite que LR et ses alliés s’accordent « à la fin du printemps » sur une méthode pour désigner leur candidat à l’Élysée.

Gérard Larcher n’est pas Christian Estrosi. Le président (Les Républicains, LR) du Sénat tient à ce que la droite présente son propre candidat à l’élection présidentielle, loin de tout «accord» avec Emmanuel Macron, comme celui proposé fin août par le maire de Nice, dans Le Figaro. « Nous avons une responsabilité d’offrir une alternative démocratique aux Françaises et aux Français », a fait valoir l’élu des Yvelines dimanche, sur le plateau du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI».

Face à une droite en quête de leadership d’ici 2022, et inquiète du vide laissé après le renoncement du maire de Troyes François Baroin, le deuxième personnage de l’État ne s’avance pas en candidat mais en médiateur, conscient d’incarner une figure d’autorité dans son camp. « Tout son engagement » tient en un objectif : « qu’on trouve le moyen d’être présent au deuxième tour » de la présidentielle. Un scénario impossible « si nous avons plusieurs candidats issus des familles de la droite et du centre » au premier tour, met-il en garde.

Système de « départage »

D’où sa proposition, formulée avec le président de LR, Christian Jacob, d’un système de « départage » des candidats de la droite à la présidentielle – lequel se distinguerait de la primaire, dans un parti traumatisé par l’échec de François Fillon en 2017, désigné candidat au terme de ce processus. Cette nouvelle méthode devrait être présentée d’ici « la fin du printemps », souhaite Gérard Larcher, soit avant les élections régionales et départementales que le gouvernement souhaite reporter à juin, en raison de l’épidémie de Covid-19.

Avant cette échéance, l’élu entend engager un « dialogue » au-delà des frontières de LR, afin d’intégrer dans le processus de désignation d’anciens membres du parti, comme le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Un préalable à la «construction d’un projet», en vue duquel la droite ne pourra pas faire l’économie de propositions sur la politique d’immigration, avance Gérard Larcher.

Proposer « du concret » sur l’immigration

L’ancien ministre de Jacques Chirac appelle à « traiter cette question », quatrième sujet d’inquiétude des Français selon une récente enquête Fondapol-Le Figaro, publiée fin octobre. « Nous ne maîtrisons plus notre politique migratoire », « et ça n’a pas commencé en mai 2017 », à l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, concède-t-il. Le sénateur pointe un « détournement du droit d’asile, droit fondamental », ainsi qu’une immigration légale – 275.000 premiers titres de séjour délivrés l’année dernière (+6,1% par rapport à 2018) – « inadaptée à nos capacités d’intégration et d’assimilation ».

« Il faut une immigration de travail», mais «nous ne sommes pas dans la situation des années 60 et 70, quand la croissance était à deux chiffres », souligne-t-il. Quant au regroupement familial, il doit être limité, selon l’élu, via une « révision de la Constitution » portant sur « l’application de la Convention européenne des droits de l’homme ».

Pour apparaître crédible en 2022, la droite aura à proposer « du concret » sur ce sujet, suggère Gérard Larcher, refusant un paysage politique où « l’alternative à Emmanuel Macron » se limiterait à « Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ». « Pour la gauche sociale-démocrate» aussi, « il y a une responsabilité », insiste-t-il, inquiet de voir les mastodontes de la Ve République, Les Républicains et le Parti socialiste, se laisser déborder par le Rassemblement national et La France insoumise. À ses yeux, une alternative « démocratique » est « indispensable ».

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