Le Président de la République s’est rendu mercredi 7 octobre dans les Alpes-Maritimes, territoire dévasté par la tempête Alex. Il y a décrété l’état de catastrophe naturelle et s’est engagé à reconstruire « rapidement » de manière « durable et résiliente » alors que des maisons, des routes, des voies ferrées ont été embarquées par des pluies torrentielles. S’il a promis de limiter l’artificialisation des sols, il n’a pas évoqué la réforme du régime de catastrophe naturelle, pourtant indispensable face au changement climatique.
C’est un territoire dévasté sur lequel a atterri le Président Emmanuel Macron le 7 octobre dans l’après-midi. Cinq jours après les pluies torrentielles tombées dans les Alpes-Maritimes, le chef de l’État s’est rendu à Saint-Martin-Vésubie, un des villages sinistrés de l’arrière-pays niçois. Il a promis que la Nation serait présente « dans la durée » et a annoncé la signature de l’arrêté proclamant l’état de catastrophe naturelle. Cette reconnaissance permettra de « déclencher les indemnisations » auprès des assurances, a affirmé Emmanuel Macron.
Sur France Inter, le député des Alpes maritimes Eric Ciotti, a évalué à plus d’un milliard d’euros les dégâts de la tempête Alex. Une première estimation qui devrait évoluer. Pour faire face à la catastrophe, Emmanuel Macron a ainsi annoncé la création d’un fonds d’urgence « qui va mobiliser un tour de table très large », notamment  du secteur privé. Pour l’instant, l’État va y dédier 100 millions d’euros mais devrait réévaluer le montant en fonction des expertises.
Limiter l’artificialisation des sols
Surtout, Emmanuel Macron, qui était accompagné de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, a affirmé vouloir reconstruire très vite « de manière résiliente et durable » alors que des maisons, des routes, des voies ferroviaires ont été arrachées par les glissements de terrain. « Nous aurons à reconstruire en limitant l’artificialisation des sols au maximum, en améliorant la préservation des espaces naturels, leur gestion, pour prévenir les évènements comme ceux que nous venons de vivre » , a fait valoir le chef de l’État. Un engagement nécessaire alors que les catastrophes naturelles liées au changement climatique se multiplient et s’intensifient. Phénomène aggravé par la multiplication des constructions dans des zones à risque. À cet égard, le Président avait promis il y a deux ans de réformer le régime des catastrophes naturelles, créé il y a de 40 ans. Il faut « repenser à la hauteur de l’intensité des aléas climatiques ce régime d’indemnisation qui date de 1982. Ce qui était exceptionnel à l’époque ne l’est plus aujourd’hui » , expliquait la sénatrice socialiste Nicole Bonnefoy dans un rapport de 2019.
Adapter les constructions
Les assureurs attendent particulièrement cette réforme. Les montants liés aux catastrophes climatiques ne cessent d’augmenter. Selon le réassureur SwissRe, en 2019, les évènements extrêmes ont généré 146 milliards de dollars de pertes économiques dans le monde. Dans l’Hexagone, les assureurs affirment avoir dépensé 4 milliards d’euros pour dédommager les sinistrés climatiques. Face à ce coût croissant, certains
assureurs ont décidé de se désengager de zones trop exposées aux risques climatiques. « Si cette piste ne doit pas être exclue dans certaines situations, une autre approche doit être privilégiée : renforcer la prévention et l’éducation aux risques naturels, mieux adapter les normes de construction aux aléas climatiques locaux, progresser sur certains aspects dans l’indemnisation et améliorer la gouvernance des organismes qui suivent les risques naturels par un meilleur partage de l’information entre acteurs publics et privés », explique dans une note dédiée la Fondation pour l’innovation politique.