Alors qu’une réforme des retraites est en préparation, une large majorité de Français se disent insatisfaits du système existant. En revanche, les actifs, autrement dit ceux qui travaillent aujourd’hui, sont inquiets de niveau de vie qu’ils auront à la retraite.

Toucher au régime actuel? Sur le principe, les Français semblent d’accord, puisqu’une grande majorité (65% chez les femmes, 79% chez les hommes) déclarent ne pas en être satisfaits, selon un sondage* Ifop pour Fondapol, un think tank qui se présente comme « libéral, progressiste et européen ».

L’existence de plusieurs régimes jugée injustifiée

Près des trois quarts des interrogés le jugent également injuste. Une large majorité estime que les fonctionnaires et certaines professions, comme les agents de la RATP ou de la SNCF, bénéficient d’un régime plus avantageux, contrairement aux artisans, commerçants et aux agriculteurs.

Quel que soit leur bord politique, une majorité nette des interrogés partagent l’impression que l’existence d’une pluralité de régimes n’est pas justifiée.  Faut-il créer un nouveau régime unique qui s’aligne sur celui des fonctionnaires? Ou sur celui des salariés du privé? Un entre-deux? Le sondage ne donne pas d’indications aussi détaillées.

Les futurs retraités pensent qu’ils vivront moins bien que leurs parents

En revanche, les questions financières inquiètent les Français. Parmi les actifs -autrement dit ceux qui travaillent aujourd’hui et seront à la retraite demain- sept sur dix imaginent qu’ils percevront un niveau de retraite moindre par rapport à ce qui existe aujourd’hui. De même que les trois quarts redoutent de toucher un montant inférieur à celui de leurs parents. De manière générale, 65% des répondants estiment que, « en termes de revenu et de patrimoine », ils vivront moins bien.

« Ce pessimisme repose certainement en partie sur une vision idéalisée du passé », commente les auteurs du sondage, puisque plus de six personnes sur dix (non-retraités et retraités confondus) assurent que leurs parents vivaient mieux qu’eux à leur âge.

1 actif sur 2 n’est pas prêt à partir plus tard pour profiter d’une meilleure retraite

Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à exprimer leurs inquiétudes sur l’avenir. Pourtant, la moitié d’entre elles disent n’avoir pris aucune disposition financière, contre un peu plus d’un tiers chez les hommes.

D’une manière générale, 40% des interrogés se basent uniquement sur le système actuel, par répartition, pour financer leur pension de retraite. Quelque 31% ont contracté une assurance-vie, 27% ont fait le pari de l’achat immobilier et un quart a souscrit soit à une épargne retraite (Perp, Madelin, Article 83), soit à une épargne salariale (PEE, Perco) -que la loi Pacte entend favoriser.

Plus de la moitié (55%) n’est en tout cas pas prête à travailler plus longtemps, autrement dit à prendre sa retraite plus tard, pour bénéficier d’un bon niveau de vie à la retraite.

*Enquête menée auprès d’un échantillon de 3001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas. Les interviews ont été réalisées par questionnaire en ligne du 24 au 29 septembre.