Sur la question migratoire, la France occupe une position singulière, souvent mal perçue dans les débats publics. Alors que certains estiment que notre pays a tourné le dos à l’accueil, d’autres, au contraire, considèrent que trop de personnes entrent en France de manière légale, soit parce qu’elles ont un droit acquis au séjour, en particulier dans le cadre du regroupement familial, soit pour y demander l’asile. Or, en 2015 et 2016, les migrants eux-mêmes portaient sur notre situation économique une appréciation négative que ne contrebalançaient pas les avantages que peut offrir notre pays une fois le statut de réfugié obtenu. C’est pourquoi, lors de leur entrée massive en Europe en 2015, le choix de la France n’a pas été spontanément privilégié. Ce n’est donc pas en raison d’une politique plus stricte que les flux vers la France ont été plus faibles. De même, ce n’est pas en raison d’une politique plus laxiste que ces flux sont récemment devenus plus importants. En effet, la France est actuellement le pays où les demandes d’asile augmentent très fortement, alors même que la plupart des États de l’Union européenne connaissent sur ce plan une forte baisse. En 2017, la France a été le deuxième pays d’Europe à accorder le bénéfice de la protection au titre de l’asile, derrière l’Allemagne, soulignant une fois encore le caractère singulier de la France en matière de migrations.

Cette note a été écrite par Didier Leschi, préfet et directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).