A l’occasion de son premier anniversaire, l’Opinion lance une grande pétition nationale, un Pacte de prospérité. Elle propose de s’engager sur sept grandes priorités pour libérer l’entreprise et le travail, restaurer la confiance et moderniser le pays. Retrouvez ci-dessous la tribune de Serge Soudoplatoff en faveur de l’Opendata.

Tribune de Serge Soudoplatoff parue dans L’Opinion le 30 avril 2014.

La complexité croissante du monde, qui s’exprime, entre autres, par l’explosion des interactions au quotidien, nécessite un changement de gouvernance. Dans un système en homéostasie, et encore plus en autopoïèse, l’information doit circuler le plus efficacement possible entre toutes ses composantes afin d’en assurer son équilibre.

Les structures traditionnelles, basées sur la planification, les modèles hiérarchiques et en silo, le sachant versus l’exécutant, l’administration face à l’assujetti captif, ont une gestion de l’information basée sur la méfiance, donc la rétention et la rareté. Partant, elles deviennent de plus en plus inopérantes.

L’ensemble des services publics n’échappe pas à cette règle : c’est un système complexe, dont la gouvernance actuelle est inadaptée. Le « manque de moyens », excuse habituelle pour justifier le manque de résultats, ne tient pas devant la loi des rendements décroissants. En revanche, la question de l’efficacité collective, qui n’est pas la somme des efficacités individuelles ou partielles, est le cœur de la réforme de l’administration.

La réponse passera par la gouvernance ouverte, et par l’opendata. Citons deux exemples : la ville d’Edmonton ouvre ses données, avec comme conséquence que les services municipaux accèdent plus facilement aux données des autres services, outrepassant la lourdeur hiérarchique. La ville de Chicago diffuse sur Internet les salaires nominatifs de ses employés, non par exhibitionnisme, mais pour montrer qu’il ne peut y avoir d’injustice.

La gouvernance ouverte, loin d’être une simple astuce politique pour offrir un peu plus de transparence, est la manière pour les services publics de s’adapter collectivement à un monde plus complexe. Dans cette vision systémique, le gouvernement deviendra une plateforme qui favorisera une économie de flux, dont l’opendata sera un pilier, et la société civile co-construira la politique, dans une démocratie participative.