Du 5 au 16 janvier 2008, Jérôme Monod, président d’honneur de la Fondation pour l’innovation politique, et Franck Debié, directeur général, se sont rendus en Iran pour aller à la rencontre des Iraniens. Il s’agissait d’aller voir derrière les images les plus répandues ou les préjugés qui concernent l’insécurité, l’hostilité à l’égard des étrangers et le rôle des femmes, et savoir ce qu’il en est du développement en Iran d’une culture moderne brillante. Ce Hors-Série rend compte de débuts de réponse.De leur voyage en Iran, Jérôme Monod et Franck Debié sont revenus avec de nombreux témoignages et impressions d’une société en décalage avec les autorités politiques. L’arbitraire du pouvoir, comme la complexité de ses structures, est omniprésent, créant un climat peu propice au développement de l’économie et à l’épanouissement de la société civile. Cependant, une opinion publique existe. Elle est fascinée par le mode de vie américain, curieuse de ce qui se passe hors des frontières, ouverte à l’économie de marché dont elle connaît les bénéfices individuels et collectifs. Le sentiment national et une certaine « iranité » restent très prégnants. Il y a aussi dans l’opinion un désir de paix durable et le souhait d’un quotidien moins contraignant. La critique de l’incompétence a droit de cité.
Les conversations avec les élites religieuses, politiques ou intellectuelles, montrent qu’elles s’interrogent aussi sur l’avenir de leur grand pays : peut-on escompter une modernisation réelle sans plus de démocratie ? Comment concilier besoin de plus de démocratie, de transparence et de compétence avec le maintien des « acquis de la révolution » ? Malgré la suspicion systématique des pouvoirs à tout ce qui ne vient pas d’eux, malgré la complexité d’une société qui a ses élus et ses exclus, ses blocages intrinsèques, l’Iran pourra difficilement se contenter du statu quo actuel. Il faut identifier et soutenir les forces capables de faire advenir une nouvelle modernisation.