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Indicateurs de richesse et de bien-être. Des pistes de réflexion pour la commission Stiglitz

Indicateurs de richesse et de bien-être. Des pistes de réflexion pour la commission Stiglitz

par Raphaël Wintrebert, le 29 mai 2008

Depuis plus de quarante ans, on s’interroge sur les liens entre croissance économique, développement (économique, social et environnemental) et bien-être. Conclusion : le PIB des sociétés développées ne cesse de croître quand, au mieux, le bien-être des individus stagne. Faut-il dès lors changer nos instruments de mesure de la richesse ? En janvier 2008, le président Nicolas Sarkozy a confié au prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz l’animation d’un groupe de réflexion sur ce sujet. Cet essai a l’ambition d’ouvrir plus largement le débat et de proposer des orientations stratégiques.Le PIB est-il bien adapté aujourd’hui pour guider les politiques économiques et sociales ? Associé à la croissance, l’emploi, voire à la richesse, il laisse de côté bien des dimensions qui permettent d’évaluer le progrès des nations et la qualité de vie des populations. Que faire ? Garder cet indice « qui est le moins mauvais possible » et aménager les autres indicateurs économiques existants ? Intégrer des dimensions non monétaires dans le cadre de comptes satellites ? Opter pour une solution plus radicale qui consiste, pour les intégrer au PIB, à monétariser des facteurs sociaux comme le bénévolat, le travail domestique, les loisirs ? Elaborer un nouvel indice, distinct du PIB, fondé sur des données objectives comme l’indice de développement humain du PNUD, ou sur des données subjectives comme le SBW (Subjective Well-Being) ? C’est à ces questions que devra se confronter la commission Stiglitz, des questions de méthodologie qui ne peuvent être tranchées sans répondre à l’interrogation de savoir quels sont les objectifs poursuivis et les publics visés. Car, derrière ces débats souvent très techniques, se dissimule l’enjeu du modèle de société à promouvoir. Les outils de compréhension à élaborer n’ont pas une seule vocation d’évaluation, mais aussi et surtout, de prescription des politiques publiques à venir.

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